Mécano

Mattia Felice, POL, 2023.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-14-fevrier-2023-4184722

https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-5666-0

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https://www.lemonde.fr/critique-litteraire/article/2023/03/23/raul-brandao-claude-burgelin-christophe-donner-agnes-mathieu-daude-les-breves-critiques-du-monde-des-livres_6166750_5473203.html

Roman. « Mécano », de Mattia Filice

Les locomotives ne cravachent plus à toute vapeur sur les chemins de fer, mais elles gardent une dimension mytholo­gique, d’avancer avec une détermination aveugle, tunnel ou non, sans chauffeur ni pilote – puisque l’homme aux commandes s’appelle « le mécano ». Il fait corps avec sa « loco », isolé du commun des voyageurs, qui ne s’interrogent sur son existence que lorsqu’un malaise l’empêche de rouler, ou lorsqu’il « pose son sac » : l’expression désigne le gréviste, ainsi qu’on l’apprend dans cette épatante épopée ferroviaire qu’est le premier récit autobiographique de Mattia Filice, au rythme aussi entêté que le roulement du train. Ecrit le plus souvent en vers libres, Mécano raconte en continu « 18 bonnes années/14 328 trains, 232 254 arrêts à quai, 481 346 kilomètres » depuis l’entrée dans « l’Entreprise », précédée d’une « batterie de tests/ pour voir un peu qui je suis/ ce que je vaux/ recevant des questions parfois aussi pertinentes que/ Vous arrive-t-il de pleurer quand vous êtes seul ? ». Le lecteur, en chemin, partage les rêveries sauvages du ­mécano, ses angoisses rémanentes, la fatigue terrifiante, aussi, tandis que le récit se fait initiatique, menant peu à peu à la découverte de la force du collectif lorsqu’il prend soin tant de l’outil que de la responsabilité propres aux ­hommes du rail. B. Le.

Deux millions de travailleurs et des poussières – L’avenir des emplois de nettoyage dans une société juste

François-Xavier Devetter, Julie Valentin, Les petits matins, 2021.

https://www.lespetitsmatins.fr/collections/essais/251-deux-millions-de-travailleurs-et-des-poussieres-l-avenir-des-emplois-du-nettoyage-dans-une-societe-juste.html

https://www.lemonde.fr/emploi/article/2023/07/03/les-travailleurs-et-les-travailleuses-du-nettoyage-deux-millions-de-personnes-au-c-ur-des-desordres-du-travail_6180301_1698637.html

https://www.cairn.info/revue-travail-et-emploi-2022-1-page-1b.htm

https://journals.openedition.org/sdt/41819

Exister, résister – Ce qui dépend de nous

Pascal Chabot, PUF, 2017.

D’emblée : qui est le « nous » du titre ? Ou encore, la deuxième page de l’introduction, « l’individu », celui qui, « saturé de savoirs et de possible, demande plutôt du sens ». Ça saute pourtant aux yeux, mais c’est un angle mort du livre. Étonnant alors qu’il y est tant question du soi, du mois, de l’identité. Est-ce bien raisonnable de poser tant de généralités sur ces questions, sans interroger « d’où je parle » ? Le propos est bien ancré dans les contingences de l’époque, mais en fait surtout des obsessions de l’auteur (la technique, le numérique, l’argent). Ne serait-ce que pour cette raison, le propos peut se lire comme un long bavardage, en monologue, un enchainement logomachique de raisonnements à la connexion lointaine et toujours discutable avec la réalité. Un critère de lecture : prendre une assertion au hasard, soutenir le contraire, et aviser. Ou même, bien souvent, plus ou moins fréquemment selon le degré de connivence du lecteur : se gratter la tête.

Autre mystère : le déni de la catastrophe en cours (toujours à venir), l’aveuglement du mur de la Panne à l’horizon. Comme si le numérique, l’argent et les émotions (les trois « supers forces » qu’il identifie) étaient des invariants anthropologiques. Comme si tout cela n’allait pas laisser place, quels que soient les commentaires des philosophes.

Curieuse invocation finale de la raison salvatrice, alors qu’il se satisfait d’un usage esthétique du langage (donc ne produit que du non-sens, au sens de Wittgenstein)

Et finalement : et alors ? Que fait-on maintenant ? En quoi ce livre me faire réagir, agir, au moins penser différemment ? Et les autres lecteurs, et tous les autres, non-lecteurs ?

Quatre chemins de pardon

Ursula K. Le Guin, 1995. L’Atalante, 2007.

Je n’accroche pas du tout… Le décor « science fiction » me parait de l’exotisme de pacotilles, artifice maladroit pour dire quelque chose de notre monde partagé. À quoi bon alors faire l’effort de se familiariser avec son monde imaginaire qui n’est qu’une variation du nôtre ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quatre_chemins_de_pardon

https://www.l-atalante.com/revues-de-presse/le-guin-quatre-chemins-de-pardon-eleanore-clo/