Camille Laurens, Gallimard, 1999.
https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070139347-quelques-uns-camille-laurens
Lectures en tout genre
Camille Laurens, Gallimard, 1999.
https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782070139347-quelques-uns-camille-laurens
Nathalie Sarraute, Gallimard, 1980
https://journals.openedition.org/rsl/2419
https://livrecritique.online/analyse-de-lusage-de-la-parole-de-nathalie-sarraute
Aristote, Gallimard, 1996.
Page 88. « La tragédie imite non pas les hommes, mais une action de la vie, le bonheur et la fortune. »
Paragraphe 8 page 92. Le récit centré sur une action, même à propos d’une personne. Le personnage n’est pas tout l’individu, seulement celui qui participe à l’action évoquée.
Page 98. Trois parties constitutives de la fable : péripéties, reconnaissance et évènements pathétiques. Dit autrement : de l’imprévu, du mimétisme, de l’empathie.
Toute sa démarche intellectuelle dans le dernier paragraphe (page 138) : catégorisation (identification des variétés, des parties constitutives) ; évaluation polarisée (« les causes qui font que l’œuvre est réussie ou non, des critiques possibles et des réponses qu’on y doit faire »). En quoi cette posture très surplombante, docte, magistrale, a orienté la production intellectuelle ? Qu’est-ce que ça dit des frustrations plus ou moins conscientes du commentateur du travail des autres ? Pourquoi Aristote n’écrit-il pas lui-même de tragédies, alors qu’il prétend si bien savoir non seulement comment elles fonctionnent, mais aussi pourquoi elles sont (d’après lui, à la limite d’après le public) plus ou moins réussies ?
Carl Gustav Jung, 1961. Gallimard, 1973.
Page 33
Des évènements marquants, bouleversants même, dont je ne garde qu’un souvenir obscur et fragmentaire : une culbute du haut d’un escalier, un heurt violent contre le bord du poêle. J’en ressens encore la douleur et revois le sang ; un médecin vient coudre la blessure de ma tête, blessure dont la cicatrice était encore visible dans mes dernières années de collège. Ma mère m’a raconté qu’un jour, étant allé avec la bonne sur le pont des chutes du Rhin, je tombai soudain et une de mes jambes glissa sous le parapet. La servante put tout juste me rattraper et me ramener à elle. Ces évènements indiquent une tendance inconsciente au suicide ou une résistance néfaste à la vie dans ce monde.
Page 559
La différence entre la plupart des hommes et moi réside dans le fait que, en moi, les « cloisons » sont transparentes. C’est ma particularité. Chez d’autres, elles sont souvent si épaisses, qu’ils ne peuvent rien voir au-delà et pensent par conséquent qu’au-delà il n’y a rien. Je perçois jusqu’à un certain point les processus qui se déroulent à l’arrière-plan et c’est pourquoi j’ai une sécurité intérieure. Quiconque ne voit rien n’a aucune sécurité et ne peut tirer aucune conclusion ou n’accorde aucune confiance à ses conclusions. J’ignore ce qui a déterminé ma faculté de percevoir le flot de la vie. C’était peut-être l’inconscient lui-même. Peut-être était-ce mes rêves précoces. Ils ont dès le début déterminé mon cheminement.
La connaissance des processus de l’arrière-plan a déjà, très tôt, préformé ma relation avec le monde. Au fond, elle était déjà dans mon enfance ce qu’elle est aujourd’hui. Enfant, je me sentais solitaire, et je le suis encore aujourd’hui, car je sais et dois mentionner des choses que les autres, à ce qu’il semble, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaitre. La solitude ne nait point de ce que l’on n’est pas entouré d’êtres, mais bien plus de ce que l’on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes, ou de ce que l’on trouve valables des pensées qui semblent improbables aux autres. Ma solitude commença avec l’expérience vécue de mes rêves précoces et atteignit son apogée à l’époque où je me confrontais avec l’inconscient. Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient solitaire. Mais la solitude n’est pas nécessairement en opposition à la communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le solitaire ; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa nature et ne s’identifie pas aux autres.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma_vie._Souvenirs,_r%C3%AAves_et_pens%C3%A9es
Louise Glück, Gallimard, 2023.
Cadeau pour Marie-Pierre.
https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier/Recueil-collectif-de-recettes-d-hiver
Christian Bobin, Gallimard, 2022.
Cadeau pour Thérèse.
Shakespeare, 1603. Gallimard La Pléiade, 2002.
Le perfide Jago sème la zizanie au point de briser la carrière du « Maure » (pourquoi Marx a-t-il pris ce surnom ?!), son maitre Othello, de ruiner son mariage. C’est sa femme, la discrète Émilia, qui rétablit la justice.
Daniel Andler, Gallimard, 2023.
Page 16. « L’intelligence n’est pas une chose, phénomène, processus, fonction, mais une norme qui s’applique aux comportements. »
Page 199. Monter au sommet de la plus haute montagne, est-ce se rapprocher de la lune ? De la rhétorique du premier pas qui en annonce d’autres, d’autant plus qu’il est spectaculaire. Mais y a-t-il bien un premier pas dans ce processus ? Quel est le premier pas de la mission Apollo ? Y a-t-il alors émergence d’une novation radicale ? Ça ressemble à l’argument de la dérive, du risque, en négatif : « Si on commence comme ça, ça finira mal. » Plutôt s’inquiéter des possibles ?
Se méfier de tout : métaphores argumentatives quantitatives, se ramenant à de la mesure numérique. Même dans cette approche, identifier les points d’involution, de rebroussement du phénomène physique (contrairement à la courbe de l’exponentielle). Pousser jusqu’au bout la métaphore.
Page 205. « L’intelligence n’est pas un miracle, c’est une propriété ou capacité naturelle, régulièrement produite par un organe naturel, à savoir le système nerveux central humain. » (Impressionnant comme chaque terme est discutable, à commencer par l’image de la production).
Page 205. Il reste collé à la métaphore du mécanisme.
Page 224. Distinction de Russell entre connaissance directe (acquaintance), c’est-à-dire par les sens physiologiques, et connaissance par description, c’est-à-dire par l’intermédiaire du langage (par exemple mon quartier vs Angkor, ma sœur vs Napoléon). Mais la deuxième n’est-elle pas qu’un prolongement de l’autre ? Ou celle-ci une condition à toute description ?
Page 207. Distinction impossible (difficile ?) pour une machine entre « The electrician is working. / The washing machine is working. ». Ou encore : « Sylvie est au courant de tous les problèmes personnels de Marie, car elle est curieuse/bavarde. » (qui désigne « elle » ?)
Je suis, étonnamment, mais je crois au meilleur sens du terme, critique : sensible aux allants de soi de son argumentation, à ses certitudes implicites (même pour lui), qui ne sont pas les miennes. Par exemple
Page 260 : « cela pose problème » : « cela » n’est pas le sujet de l’action, du moins seulement de la phrase. Celui qui « pose » le problème est l’énonciateur, et d’autres peuvent formuler une phrase négative (et indépendamment d’une implication dans l’action qui pourrait être portée par un complément d’objet indirect « me »).
À force de poser toutes les limites d’une approche analytique (résolution de problèmes) de l’intelligence, il en vient (mais reste sur le palier) aux questions essentielles de la philosophie, de la sociologie, de la psychologie : la coopération sociale, le langage, l’inconscient, la socialisation, l’apprentissage, etc. Ou alors, quand il recule, il bute sur un raisonnement circulaire, tautologique : être intelligent, c’est faire preuve d’intelligence.
Et à aucun moment il n’évoque une autre limite, très matérielle : la dépendance de l’intelligence artificielle à l’environnement technologique conçu par les humains (ce qu’on pourrait peut être caractérisé par « l’Umwelt» de l’IA ?)
Jean Tardieu, 1955. Gallimard, 2000.
http://architexte.over-blog.com/2020/04/finissez-vos-phrases.html