{"id":752,"date":"2024-04-06T19:17:48","date_gmt":"2024-04-06T17:17:48","guid":{"rendered":"https:\/\/ecridures.xyz\/?p=752"},"modified":"2024-08-10T17:06:48","modified_gmt":"2024-08-10T15:06:48","slug":"debuter-comment-cest-entrer-en-litterature","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ecridures.xyz\/?p=752","title":{"rendered":"D\u00e9buter, comment c\u2019est \u2013 Entrer en litt\u00e9rature"},"content":{"rendered":"\n<p>Bertrand Leclair, Pocket, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Tomber en litt\u00e9rature \u2013 sur D\u00e9buter, comment c\u2019est de Bertrand Leclair<\/p>\n\n\n\n<p>Par Patrick K\u00e9chichian<\/p>\n\n\n\n<p>Critique litt\u00e9raire<\/p>\n\n\n\n<p>Revenir aux commencements, \u00e0 l\u2019\u00e9tincelle qui d\u00e9clenche l\u2019incendie de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. C\u2019est l\u2019obsession de Bertrand Leclair, qui partage et s\u2019interroge sur l\u2019art et la mani\u00e8re d\u2019entrer en litt\u00e9rature dans D\u00e9buter, comment c\u2019est. Qu\u2019on ne s\u2019attende pas ici \u00e0 l\u2019expos\u00e9 d\u2019une conception distanci\u00e9e ou doctorale de la chose litt\u00e9raire&nbsp;: l\u2019auteur puise avant tout dans son exp\u00e9rience de romancier, de lecteur, de passeur et par cela, nous r\u00e9v\u00e8le les chemins de traverse que l\u2019\u00e9crivain peut emprunter.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est de l\u2019int\u00e9rieur, du plus intime de son exp\u00e9rience, que Bertrand Leclair construit et assemble son discours sur la litt\u00e9rature. Cette int\u00e9riorit\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chie, analys\u00e9e, il en fait \u2013 \u00e0 Sciences-Po et pour les ateliers ou s\u00e9minaires d\u2019\u00e9criture de La NRF \u2013 le sujet d\u2019un enseignement pratique, non acad\u00e9mique, sur le vif pour ainsi dire. De cette r\u00e9flexion \u00e0 haute voix, il a tir\u00e9 des pages vivantes, ferventes, \u00e0 la fois r\u00e9solument subjectives, et ouvertes \u00e0 ses lecteurs \u2013 du moins ceux que l\u2019acte solitaire et singulier d\u2019\u00e9crire, et celui compl\u00e9mentaire de lire, interrogent encore.<\/p>\n\n\n\n<p>Et bien s\u00fbr, Leclair ne pouvait que s\u2019appuyer sur la question centrale de Mallarm\u00e9 (dans son admirable oraison fun\u00e8bre de Villiers de l\u2019Isle Adam), \u00e0 la fois \u00e9ternelle et comme inaugurale de notre modernit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sait-on ce que c\u2019est qu\u2019\u00e9crire&nbsp;?&nbsp;\u00bb Et, pas plus que l\u2019auteur, je ne peux r\u00e9sister au plaisir de citer, \u00e0 la virgule pr\u00e8s bien s\u00fbr, les deux phrases qui forment la vertigineuse r\u00e9ponse \u00e0 cette interrogation&nbsp;: \u00ab&nbsp;une tr\u00e8s ancienne, et tr\u00e8s vague mais jalouse pratique, dont git le sens au myst\u00e8re du c\u0153ur. Qui l\u2019accomplit, int\u00e9gralement, se retranche.&nbsp;\u00bb Ce n\u2019est pas un s\u00e9same que propose Mallarm\u00e9. Le myst\u00e8re dans les lettres reste entier. Cela fait songer \u00e0 cette cl\u00e9 dont parle Jean Paulhan&nbsp;: on a bien la cl\u00e9, mais manque encore la serrure\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019on ne s\u2019attende donc pas \u00e0 lire l\u2019expos\u00e9 d\u2019une conception distanci\u00e9e ou doctorale de la chose litt\u00e9raire. Quant \u00e0 la place, au r\u00f4le et \u00e0 la vis\u00e9e de l\u2019\u00e9crivain, Leclair sait o\u00f9 puiser pour les d\u00e9finir&nbsp;: dans sa propre conscience et dans son exp\u00e9rience de romancier. Car c\u2019est ce qu\u2019il est d\u2019abord, romancier. L\u2019analyse, la r\u00e9flexion viennent ensuite, ou en marge, de l\u2019acte d\u2019\u00e9crire, d\u2019inventer des histoires, des situations, des personnages, etc. C\u2019est le premier verbe, \u00e9crire, qu\u2019il place en majest\u00e9&nbsp;; le second, inventer, lui est soumis. De plus, les r\u00e9f\u00e9rences ne manquent pas, o\u00f9 il trouve un appui s\u00fbr, passionn\u00e9. En fait, sous ce titre \u00e0 la fois malicieux et rigoureux, D\u00e9buter, comment c\u2019est, il livre une sorte de confession, d\u2019acte de foi. Mais attention, il ne faut pas mal entendre ces deux expressions\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il ne recule pas, et m\u00eame s\u2019il avance \u00e0 grandes enjamb\u00e9es dans un espace spirituel, et m\u00eame mystique, il le fait en homme libre de toute appartenance, dans le but avou\u00e9 d\u2019atteindre cette \u00ab&nbsp;v\u00e9rit\u00e9 occulte de l\u2019existence que seule la litt\u00e9rature peut d\u00e9voiler&nbsp;\u00bb. Les chapelles, y compris litt\u00e9raires, ce n\u2019est pas son genre. Entrer en litt\u00e9rature (\u00ab&nbsp;tomber&nbsp;\u00bb en elle, \u00ab&nbsp;s\u2019y abandonner&nbsp;\u00bb, insiste-t-il), comme on entre en religion, c\u2019est, \u00e0 ses yeux, se trouver \u2013 au sens plein du verbe \u2013 sur le parvis d\u2019une immense mais invisible, informelle et la\u00efque cath\u00e9drale. Une cath\u00e9drale qu\u2019il ne s\u2019agit pas de visiter, d\u2019admirer du dehors, mais de construire avec les mat\u00e9riaux composites dont on dispose, comme le Facteur Cheval le fit de son merveilleux palais id\u00e9al.<\/p>\n\n\n\n<p>Bertrand Leclair a une obsession&nbsp;: revenir aux commencements, \u00e0 l\u2019\u00e9tincelle qui d\u00e9clenche l\u2019incendie de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. Et comme c\u2019est de langage, de mots qu\u2019il s\u2019agit, l\u2019\u00e9tymologie est pour lui (et pour nous) forc\u00e9ment pleine d\u2019enseignement. Par quoi commence-t-on un livre, un roman, sinon par-l\u00e0, par les premi\u00e8res phrases \u2013 ce que l\u2019on nomme l\u2019incipit&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Chacun des \u00e9crivains invoqu\u00e9s \u2013 Proust en majest\u00e9, mais aussi C\u00e9line, Diderot, Aragon (remarquable analyse d\u2019Aur\u00e9lien), Kerouac, Nabokov, Kafka\u2026 \u2013 a choisi un \u00e9lan, une pouss\u00e9e, avec l\u2019axe d\u2019une intuition. Leclair en a lui-m\u00eame fait l\u2019exp\u00e9rience. Pour chacun de ses romans, il a invent\u00e9, \u00e0 ses propres frais, comme on se lance dans le vide, l\u2019\u00ab&nbsp;art et [la] mani\u00e8re d\u2019entrer en litt\u00e9rature afin d\u2019y tracer un chemin&nbsp;\u00bb. Actif, volontaire, ce premier geste est aussi, myst\u00e9rieusement, \u00e9prouv\u00e9, subi&nbsp;: l\u2019\u00e9crivant n\u2019est pas le seul maitre \u00e0 bord, car la langue, loin d\u2019\u00eatre un instrument, une mati\u00e8re amorphe, un neutre partenaire, agit, parle d\u2019elle-m\u00eame&nbsp;; et comme une musique, il faut l\u2019entendre, en saisir la dict\u00e9e secr\u00e8te&nbsp;: \u00ab&nbsp;Que la langue fasse \u00e9v\u00e8nement, qu\u2019elle produise le premier d\u2019une suite d\u2019\u00e9v\u00e8nements en son sein&nbsp;: c\u2019est l\u00e0 le seul point de d\u00e9part possible, en art litt\u00e9raire\u2026&nbsp;\u00bb Et plus loin, cet acte de foi, dans une belle conf\u00e9rence que donna l\u2019auteur en 2015, qui aurait pu figurer en ouverture du livre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas de technique pour atteindre \u00e0 la verticalit\u00e9 dans la langue, il n\u2019y en pas plus que pour atteindre \u00e0 l\u2019amour dans la vie\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rapprochement de la litt\u00e9rature et de l\u2019amour, de l\u2019esprit et du corps, des mots et de la chair, n\u2019est pas une simple m\u00e9taphore, une image sans cons\u00e9quence. Leclair y revient \u00e0 plusieurs reprises, parlant de l\u2019\u00e9criture comme d\u2019un \u00ab&nbsp;besoin physique&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un \u00eatre de parole est un \u00eatre qui s\u2019engage physiquement dans sa parole et dans le temps qu\u2019elle ouvre.&nbsp;\u00bb Nous sommes loin de l\u2019exercice purement c\u00e9r\u00e9bral, formaliste\u2026 \u00c9crire, c\u2019est bien s\u2019engager, jouer sa vie. Et ce n\u2019est pas un hasard si, \u00e0 plusieurs reprises, Georges Bataille est cit\u00e9, avec notamment cette phrase embl\u00e9matique, tir\u00e9e du r\u00e9cit intitul\u00e9 Le Petit&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c9crire est rechercher la chance.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;D\u00e9buter&nbsp;\u00bb, c\u2019est donc aller au-devant de cette chance informulable, c\u2019est aussi s\u2019engager par ou pour elle, parfois m\u00eame dans \u00ab&nbsp;un \u00e9tat de rage&nbsp;\u00bb transgressive.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019\u00e9voquais plus haut&nbsp;: le point central dans l\u2019argumentation du livre, c\u2019est le rapprochement, et m\u00eame le lien indissoluble entre deux actes&nbsp;: lire et \u00e9crire. Tout au long des pages, ce lien est d\u00e9fendu, illustr\u00e9, mis \u00e0 profit. La chose semblerait presque aller de soi, et pourtant non. La h\u00e2te et la passion (souvent narcissique\u2026) d\u2019\u00e9crire, relaie souvent l\u2019autre acte dans une sorte de marge, ou de p\u00e9riph\u00e9rie, ou de pr\u00e9histoire. La critique litt\u00e9raire est \u00e9videmment la figure oblig\u00e9e, n\u00e9cessaire, de ce lien, et Leclair, qui la pratique depuis bien des ann\u00e9es, en sait quelque chose\u2026 M\u00eame si, dans le pr\u00e9sent ouvrage, il laisse la chose un peu \u00e0 l\u2019\u00e9cart.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai qu\u2019il en avait trait\u00e9 dans un livre pr\u00e9c\u00e9dent, Verticalit\u00e9s de la litt\u00e9rature. Pour en finir avec le \u00ab&nbsp;jugement&nbsp;\u00bb critique (Champ Vallon, 2005). \u00ab&nbsp;On \u00e9crit toujours avec toute la biblioth\u00e8que, et le geste d\u2019\u00e9crire vient en retour nourrir, revitaliser cette biblioth\u00e8que&nbsp;\u00bb, affirme Bertrand Leclair. Il pousse m\u00eame le bouchon plus loin, un peu trop \u00e0 mon sens, lorsqu\u2019il ass\u00e8ne&nbsp;: \u00ab&nbsp;lire commande d\u2019\u00e9crire&nbsp;\u00bb, car, dit-il, si l\u2019on n\u2019entre pas \u00ab&nbsp;dans la danse des mots&nbsp;\u00bb, la biblioth\u00e8que \u00ab&nbsp;tombe en poussi\u00e8re&nbsp;\u00bb. On peut d\u00e9fendre, pour lui-m\u00eame, l\u2019acte en apparence passif, gratuit, discret, de lire. Acte \u00e0 part enti\u00e8re, qui ne s\u2019articule que sur lui-m\u00eame, comme \u00e0 l\u2019infini. D\u2019une certaine mani\u00e8re Leclair en convient&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce dialogue est de l\u2019ordre de l\u2019intime.&nbsp;\u00bb Rien ne le dispose donc forc\u00e9ment \u00e0 la manifestation, au pas saut\u00e9, de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le propos de l\u2019auteur et sa vision de l\u2019\u00e9criture sont coh\u00e9rents. Ainsi, lorsqu\u2019il aborde la question de l\u2019instinct, d\u00e9fendue, selon des axes diff\u00e9rents, par Proust et par C\u00e9line. Pour ce dernier, \u00ab&nbsp;rien \u00e0 faire. Il faut un moment de d\u00e9lire pour la cr\u00e9ation&nbsp;\u00bb. Proust semble aller dans le m\u00eame sens, dans son Contre Sainte-Beuve&nbsp;: \u00ab&nbsp;Chaque jour j\u2019attache moins de prix \u00e0 l\u2019intelligence&nbsp;\u00bb avoue-t-il, ajoutant cependant aussit\u00f4t cette nuance de taille&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u2026 mas cette inf\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019intelligence, c\u2019est tout de m\u00eame \u00e0 l\u2019intelligence qu\u2019il faut demander de l\u2019\u00e9tablir [\u2026] Et si elle n\u2019a dans la hi\u00e9rarchie des vertus que la seconde place, il n\u2019y a qu\u2019elle qui soit capable de proclamer que l\u2019instinct doit occuper la premi\u00e8re.&nbsp;\u00bb \u00c0 mon sens, cette ambivalence exprim\u00e9e (et g\u00e9nialement illustr\u00e9e) par l\u2019auteur de la Recherche, le place d\u2019embl\u00e9e \u00e0 une coud\u00e9e au-dessus de l\u2019auteur de Mort \u00e0 cr\u00e9dit. Leclair cite aussi Pierre Guyotat qui disait, \u00ab&nbsp;sans pr\u00e9caution ni parabole&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut, pour lancer la machine \u00e0 verbe, solliciter le c\u0153ur, il faut l\u2019entendre, entendre son battement\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc \u00e0 la \u00ab&nbsp;langue vivante&nbsp;\u00bb que Bertrand Leclair est l\u00e9gitimement attach\u00e9 et non \u00e0 une langue qu\u2019il dit \u00ab&nbsp;momifi\u00e9e dans les vieux livres&nbsp;\u00bb. Cela le conduit \u00e0 une injuste condamnation du pass\u00e9 simple, temps qui appartient selon lui \u00e0 une \u00ab&nbsp;repr\u00e9sentation st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e du bien \u00e9crire&nbsp;\u00bb, \u00e0 un \u00ab&nbsp;rapport \u00e0 la langue [\u2026] totalement factice, conventionnel, d\u00e9tach\u00e9 du corps dont \u00e9mane la parole, et d\u00e8s lors sans \u00e2me&nbsp;\u00bb. D\u2019o\u00f9 ce paradoxe, qui ne me semble pas forc\u00e9ment f\u00e9cond&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019art du roman n\u2019est vivant qu\u2019\u00e0 demeurer vernaculaire.&nbsp;\u00bb Pourquoi \u00e9carter d\u2019un mouvement d\u2019humeur toutes les possibles subtilit\u00e9s et nuances, et m\u00eame \u00e9l\u00e9gances, de l\u2019expression \u00e9crite&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait aussi citer les belles pages sur la digression, qui constitue, selon H\u00e9l\u00e8ne Cixous \u2013 r\u00e9f\u00e9rence centrale et majeure pour Leclair \u2013 \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e2me de la litt\u00e9rature&nbsp;\u00bb. Cette question m\u00e8ne \u00e9videmment droit \u00e0 Laurence Sterne et \u00e0 son Tristram Shandy, \u00ab&nbsp;mod\u00e8le absolu en la mati\u00e8re&nbsp;\u00bb. On ne peut avancer que par les chemins de traverse, par les sentiers et les sous-bois. Le risque de s\u2019y perdre est bien peu de chose face au gain de la d\u00e9couverte d\u2019un horizon nouveau, in\u00e9dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Dernier point, l\u2019adresse. \u00ab&nbsp;Un texte sans adresse, \u00e9crit Bertrand Leclair, est vou\u00e9 \u00e0 s\u2019\u00e9puiser tr\u00e8s rapidement ou alors \u00e0 devenir le simple d\u00e9roul\u00e9 de son r\u00e9sum\u00e9, avan\u00e7ant \u00e0 tout petits pas de st\u00e9r\u00e9otype en st\u00e9r\u00e9otype, comme c\u2019est le cas dans tant de romans qui arrivent d\u00e9j\u00e0 morts en librairie.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;\u00c0 d\u00e9faut d\u2019adresse transcendantale&nbsp;\u00bb, le lecteur, selon Jean Starobinski heureusement cit\u00e9, est \u00ab&nbsp;la cible que s\u2019invente la fl\u00e8che&nbsp;\u00bb. Cette \u00ab&nbsp;invention&nbsp;\u00bb place l\u2019\u00e9crivain dans une forme de solitude, de retrait. Mais une fois la cible atteinte, une relation s\u2019\u00e9tablit, dans laquelle le lecteur aura, lui aussi, son mot \u00e0 dire \u2013 \u00e0 \u00e9crire peut-\u00eatre&nbsp;! Au terme du processus, c\u2019est donc le livre, plus encore que l\u2019auteur, qui \u00ab&nbsp;invente son lecteur et, en l\u2019inventant, le r\u00e9v\u00e8le \u00e0 lui-m\u00eame&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Bertrand Leclair, D\u00e9buter, comment c\u2019est, Pocket, collection Agora.<\/p>\n\n\n\n<p>Patrick K\u00e9chichian, Critique litt\u00e9raire, \u00c9crivain<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-aoc-media-analyse-opinion-critique wp-block-embed-aoc-media-analyse-opinion-critique\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"5dRnP3jDbI\"><a href=\"https:\/\/aoc.media\/critique\/2019\/09\/26\/tomber-en-litterature-sur-debuter-comment-cest-de-bertrand-leclair\/\">Tomber en litt\u00e9rature \u2013 sur D\u00e9buter, comment c&#8217;est de&nbsp;Bertrand Leclair<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; clip: rect(1px, 1px, 1px, 1px);\" title=\"\u00ab\u00a0Tomber en litt\u00e9rature \u2013 sur &lt;i&gt;D\u00e9buter, comment c&#8217;est&lt;\/i&gt; de&nbsp;Bertrand Leclair\u00a0\u00bb &#8212; AOC media - Analyse Opinion Critique\" src=\"https:\/\/aoc.media\/critique\/2019\/09\/26\/tomber-en-litterature-sur-debuter-comment-cest-de-bertrand-leclair\/embed\/#?secret=IKpiFj2NnJ#?secret=5dRnP3jDbI\" data-secret=\"5dRnP3jDbI\" width=\"600\" height=\"338\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bertrand Leclair, Pocket, 2019. Tomber en litt\u00e9rature \u2013 sur D\u00e9buter, comment c\u2019est de Bertrand Leclair Par Patrick K\u00e9chichian Critique litt\u00e9raire Revenir aux commencements, \u00e0 l\u2019\u00e9tincelle qui d\u00e9clenche l\u2019incendie de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. C\u2019est l\u2019obsession de Bertrand Leclair, qui partage et s\u2019interroge sur l\u2019art et la mani\u00e8re d\u2019entrer en litt\u00e9rature dans D\u00e9buter, comment c\u2019est. 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