Des règles à conter

Pepito Mateo, Atelier Baie, 2017.

Photocopies.

Page 279. Que va-t-il se passer pour le personnage dans le futur immédiat, compte tenu de ce qui nous a été révélé avant et en fonction de ce vers quoi il est censé aller ?

Page 281. Pour démarrer une histoire : poser une dynamique de contradiction entre un désir et le réel qui l’interdit s’y oppose, un acte libre et subjectif et des contraintes extérieures.

Les évènements n’arrivent qu’à cause des empêchements et des difficultés.

Réfléchir à ce qu’une prise de parole orale pour un professionnel dans le cadre d’un entretien Dire Le Travail : à quelqu’un qu’on ne connait pas, dont on a des représentations spécifiques, qui pose des questions, sur une durée inhabituelle pour une conversation à deux, etc. ce qui se retrouve dans l’enregistrement n’est pas « ce qu’il a dit », mais « ce qu’il m’a dit, dans le contexte » : tout est un peu « déictique » !

Sauf que : quelles conséquences quant au choix d’écriture du texte final ?

https://www.pepitomateo.fr

https://www.lemonde.fr/culture/article/2022/02/20/theatre-pepito-mateo-eternel-passeur-de-mots-d-histoires-et-de-frontieres_6114502_3246.html

tumeur ou tutu

Léna Ghar, Verticales, 2023.

https://blogs.mediapart.fr/floracitroen/blog/260923/mathematiques-de-l-existence-sur-tumeur-ou-tutu-de-lena-ghar

https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Verticales/Verticales/Tumeur-ou-tutu#

https://www.lemonde.fr/critique-litteraire/article/2023/12/21/les-breves-critiques-du-monde-des-livres-lewis-carroll-anne-carson-falmares-maria-galina-robert-goolrick_6207172_5473203.html

Roman. « Tumeur ou tutu », de Léna Ghar

Lorsque s’ouvre le roman, la narratrice vit en famille dans une « praison » où tout le monde est heureux si l’on se tait. Depuis son plus jeune âge, « une monstre horrifiante » sévit dans sa tête et la dévaste de l’intérieur, menaçant de ne pas la laisser en paix tant qu’elle ne l’aura pas identifiée. Or rien de ce qui sort de la bouche de la narratrice ne parvient à exprimer le mal qui la ronge. « Quand je trouverai le nom de la monstre infinie, je n’aurai plus peur. » De son « an 3 » à son « an 25 », elle ne cessera de chercher les mots pour nommer l’indicible, ou le mot, puisque ce qui ne peut être formulé en un seul vocable lui paraît suspect – d’où l’enchaînement de néologismes comme « praison » (maison, prison) ou « intimentissité » (intimité, immensité). Car la langue n’est jamais acquise chez Léna Ghar, elle se conquiert de haute lutte. Partout où l’héroïne cherche une issue, la parole est empêchée, même quand elle croit, un temps, avoir trouvé du répit dans la précision du langage mathématique, ou l’effet de résonance du discours amoureux. Dans Tumeur ou tutu, la romancière parvient avec une poésie rageuse à nommer les angles morts du langage, faisant de lui, par un subtil retournement, la seule promesse de libération possible. La narratrice nous entraîne alors vers la violence dans un geste de survie ultime, qui sonne comme une mise à mort : combien de mots auront été sacrifiés pour trouver le mot juste ? « Tu meurs ou tu tues », suggérait déjà le titre. A. Va