La France contre les robots

Georges Bernanos, 1945. Le Castor astral, 2017

Page 22. « Le progrès n’est plus dans l’homme, il est dans la technique, dans le perfectionnement des méthodes capables de permettre une utilisation chaque jour plus efficace du matériel humain. »

Page 24. « Il est ridicule de parler de dictatures comme de monstruosités tombées de la lune, ou d’une planète plus éloignée encore, dans le paisible univers démocratique. Si le climat du monde moderne n’était pas favorable à ces monstres, on n’aurait pas vu en Italie, en Allemagne, en Russie, en Espagne, des millions et des millions d’hommes s’offrirent corps et âme aux demi-dieux, et partout ailleurs dans le monde, en France, en Angleterre, aux États-Unis, d’autres millions d’hommes partager publiquement ou en secret la nouvelle idolâtrie. »

Page 83 « Paris Marseille en un quart d’heure, c’est formidable ! » Car vos fils et vos filles peuvent crever. Le grand problème à résoudre sera toujours de transporter vos viandes à la vitesse de l’éclair. Que fuyez-vous donc ainsi, imbéciles ? Hélas ! C’est vous que vous fuyez, vous-mêmes – chacun de vous se fuit soi-même, comme s’il espérait courir assez vite pour sortir enfin de sa graine de peau… On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure hélas ! La liberté n’est pourtant qu’en vous, imbéciles ! »

Sa critique vive du monde moderne, du progrès technique, est roborative. Mais c’est le monde vu depuis le passé, quelque part entre le terroir paysan du XVIIIe et la fête de la fédération de 1790 : les belles heures de notre patrie, P majuscule.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_France_contre_les_robots

https://www.philomag.com/articles/la-france-contre-les-robots-bernanos-visionnaire

Poèmes pour apprendre à lacer ses souliers

Serge Pey. Le Castor Astral, 2022.

Assez fascinant par la capacité à associer des mots de registres extrêmement différents d’un vers à l’autre, en provoquant des effets de sens toujours incongrus. De l’art de l’écart, au risque de perdre, ou au moins de lasser le lecteur.

Étonnante biographie finale, sur le mode de l’éloge, voire de l’étalage prétentieux de la satisfaction de l’œuvre accomplie. Monsieur est graphomane, touche-à-tout, tient à le faire savoir.