Défense de cracher ! – Pollution, environnement et santé à la Belle Époque

Pierre Darmon, Le Pommier, 2020

Panorama saisissant, effrayant même, de l’atmosphère parisienne (dans les grandes villes industrielles) au fil du développement industriel du XIXe siècle : bien avant la voiture, les poussières de charbon et les rejets en tout genre des industries chimiques empuantissent l’air ambiant, noircissent les façades et la végétation, et chacun d’expectorer et de cracher à tout-va les poussières qu’il respire. Dieu que ça pue. Plus on produit, plus on consomme, plus on rejette de déchets en tout genre, de tout volume.

De telles descriptions complètent les images qu’on peut avoir par la peinture ou le cinéma : il fait sentir l’air moite que le quidam respire, les effluves, les remugles, les odeurs, les poussières. Il aide à imaginer sensoriellement l’intérieur d’une église, d’un théâtre, d’un grand magasin avant l’ère de la toilette quotidienne, des lave-linges, des VMC, des aspirateurs.

Le livre prend les choses dans le bon ordre : c’est parce que cette explosion de la pollution constitue un terreau extraordinaire pour les bactéries et microbes en tout genre que la médecine et l’hygiénisme en générale prospèrent à leur tour. Par contre, il reste très factuel, et la thèse principale (ouf, la médecine fait des progrès) seulement implicite. Il y aurait de quoi interroger les évolutions de fond, et réfléchir à une médecine plus écologique, au-delà des traitements physiologiques.

https://www.editions-lepommier.fr/defense-de-cracher

La vie intense – Une obsession moderne

Une plume facile, indéniablement. Je l’imagine brillant parleur. Il est adroit pour développer des métaphores, brosser en quelques pages des phénomènes sociaux au long cours : quand la pensée de l’antiquité explore l’image du fleuve, c’est le courant électrique qui fascine les penseurs des « Lumières » (page 38). Et les pages relevant de l’ontologie (« ça s’arbre », pour éviter la substantivation) sont les plus intéressantes, moins les considérations de philosophie morale.

La focalisation sur un mot, trituré dans tous les sens, est au final peu convaincante. On pourrait imaginer aussi de longs développements sur une vie moderne insipide, uniformisée, standardisée, rabougrie.

https://www.autrement.com/la-vie-intense/9782746747623

https://journals.openedition.org/critiquedart/23522

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/tristan-garcia-la-vie-intense-une-obsession-moderne-9943045

http://coincescheznous.unblog.fr/2020/06/16/la-vie-intense-une-obsession-moderne-de-tristan-garcia/