Tamar Herzog, 2018. Anarchasis, 2023.
Introduction. Il ne va pas de soi que la communauté juridique soit d’abord territoriale : elle peut être familiale, professionnelle, religieuse, économique (dépendance à un seigneur, relations commerciales).
Chapitre 1. Le droit romain.
Trois caractéristiques : c’est un droit séculier ; il est centré sur la résolution des conflits ; il s’occupe du droit privé. (D’emblée des frustrations : mais encore ? Quelles sont les caractéristiques du droit grec, égyptien, gaulois, en distinction du romain ?)
Page 23 : les premiers recours aux tribunaux sont facultatifs, à la demande conjointe des deux parties, et donc sans « assignation à comparaitre » ! Dans les premiers temps de la République romaine, distinction progressive de la fonction religieuse (désignation de prêteur à partir du IVe siècle).
Distinction du jugement en deux phases : premier tour pour vérifier que l’acte relève bien du droit, dépend d’une règle ; deuxième tour pour étudier les conditions concrètes de son application, dans une situation singulière.
Page 34 : créativité juridique des Romains, avec des termes comme obligation, contrat, tutelle, société, héritage, vente, présomption (charge de la preuve à celui qui conteste). Et cette créativité est le fait direct de juristes, sans que les empereurs ne parviennent pas à contrôler vraiment.
Dans le chapitre suivant : malgré l’annonce d’une forme brève, longue description (à mon gout) de l’évolution du droit romain au droit moderne à travers les méandres de la féodalité, de l’église, de la monarchie, sur le continent d’une part, en Angleterre d’autre part. Elle fait « l’histoire du droit » au sens étroit du terme : l’objet de l’étude reste les textes juridiques, leur codification, certes dans l’histoire, mais surtout l’histoire politique, institutionnelle. Trop peu, à mon gout, d’ancrage dans le sociale, le culturel. Elle reste un niveau d’abstraction élevée, avec de trop rares exemples concrets.
Page 295. La Révolution française pose l’idéal d’un code juridique « clair, concis, accessible à tous ». Le Code civil était censé être « un manuel présent dans chaque foyer, à la disposition des individus rationnels désireux de prévoir le résultat de leurs activités » (quel idéal de prescription !), « qui ne reposait pas sur la tradition (pourtant une sédimentation de règles ; c’est peut-être une autre caractéristique de la bureaucratie : « avant moi le déluge » ; chaque « réforme »nie autant le travail passé, accumulé, que le travail à venir, vivant), mais sur la volonté du peuple (c’est-à-dire de ses représentants) et sur la raison (forcément universelle).
Le dernier paragraphe de la dernière page condense toute la frustration que j’ai pu éprouver la lecture de ce livre : un questionnement ouvert sur « un nouveau paradigme » prenant en compte la diversité des échelles de pertinence du juridique, bien au-delà (les O.N.G., les multinationales, les organismes internationaux), et en de ça de l’État-nation. Mais c’est déjà terminé !
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