Exister, résister – Ce qui dépend de nous

Pascal Chabot, PUF, 2017.

Photocopies

https://www.emilemagazine.fr/article/2023/12/18/pascal-chabot-sengager-cest-refuser-la-posture-du-spectateur

https://www.philomag.com/livres/exister-resister

D’emblée : qui est le « nous » du titre ? Ou encore, la deuxième page de l’introduction, « l’individu », celui qui, « saturé de savoirs et de possible, demande plutôt du sens ». Ça saute pourtant aux yeux, mais c’est un angle mort du livre. Étonnant alors qu’il y est tant question du soi, du mois, de l’identité. Est-ce bien raisonnable de poser tant de généralités sur ces questions, sans interroger « d’où je parle » ? Le propos est bien ancré dans les contingences de l’époque, mais en fait surtout des obsessions de l’auteur (la technique, le numérique, l’argent). Ne serait-ce que pour cette raison, le propos peut se lire comme un long bavardage, en monologue, un enchainement logomachique de raisonnements à la connexion lointaine et toujours discutable avec la réalité. Un critère de lecture : prendre une assertion au hasard, soutenir le contraire, et aviser. Ou même, bien souvent, plus ou moins fréquemment selon le degré de connivence du lecteur : se gratter la tête.

Autre mystère : le déni de la catastrophe en cours (toujours à venir), l’aveuglement du mur de la Panne à l’horizon. Comme si le numérique, l’argent et les émotions (les trois « supers forces » qu’il identifie) étaient des invariants anthropologiques. Comme si tout cela n’allait pas laisser place, quels que soient les commentaires des philosophes.

Curieuse invocation finale de la raison salvatrice, alors qu’il se satisfait d’un usage esthétique du langage (donc ne produit que du non-sens, au sens de Wittgenstein)

Et finalement : et alors ? Que fait-on maintenant ? En quoi ce livre me faire réagir, agir, au moins penser différemment ? Et les autres lecteurs, et tous les autres, non-lecteurs ?