Dans la maison au cœur de la forêt profonde

Laird Hunt, 2018. Actes Sud, 2022.

In the House in the Darks of the Woods

Une belle écriture, envoutante, sur le fil du roman d’aventures sylvestre et du conte. De belles histoires de femmes puissantes, terriblement vivantes.

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/dans-la-maison-au-coeur-de-la-foret-profonde

Pièce rapportée

Hélène Lenoir. Les éditions de Minuit, 2011.

De l’importance des téléphones, et même des messageries électroniques dans les relations interpersonnelles contemporaines. On (les personnages de ce roman) se parle rarement en direct. On se laisse des messages. On parle dans le vide, et alors un peu à soi-même. L’intrication avec des passages au monologue intérieur fonctionne bien : on est toujours un peu seul dans sa tête, seul avec ses mots. Seul avec les idées qu’on se fait d’autrui.

On vit dans le très présent, au fil des informations en direct. On ne supporte pas l’attente, l’incertitude. On subit l’irruption de l’imprévu. Mais on vit aussi avec des fantômes du passé. Des non-dits dont on ne cesse de parler. Des questions ouvertes comme une plaie qui ne cicatrisent pas. Il y a un évènement, qui fait débuter le récit, mais pas de fin, pas de clôture.

https://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/08/helene-lenoir-a-huis-clos_1569251_3260.html

Je ne suis pas celle que je suis

Chahdortt Djavann – Flammarion, 2011

Les « séances » chez le psychanalyste fonctionnent bien, par leur itération, leur dynamique, leurs péripéties. Le face-à-face retient l’attention, par son déséquilibre : qui est le plus fort ? Qui bouscule l’autre ? Ce récit d’un transfert ne vaut-il pas un séminaire lacanien ? Qu’y aurait-il à ajouter ? Faire (vivre), et puis raconter pour élaborer.

Les scènes de vie en Iran (la bascule dans la dictature des mollahs, la vie quotidienne à l’épreuve de la police généralisée des mœurs) sont moins réussies, plus fades sur le plan littéraire. Pas facile d’être écrivaine, surtout quand il s’agit de sa propre vie.

Quoi de neuf, petit homme ?

Hans Fallada, 1932 – Folio, 2007.

L’Histoire au ras des personnes : les nazis (surtout), les communistes sont là, mais à l’arrière-plan, dans la vie des protagonistes comme dans le roman. C’est un collègue de bureau, une envie de voter pour se venger d’une humiliation ordinaire de plus. Mais ce n’est pas le sujet du récit. Ça le deviendra peut-être, on s’interroge en tout cas sur le sort des protagonistes au-delà de janvier 1933. Mais peut-être pas. Dans quelle mesure le sort d’un employé de commerce, d’une jeune mère de famille, est-il affecté par la mise en place du IIIe Reich ? Il l’est par contre par l’accessibilité de l’emploi, et alors d’un revenu. Le chômage est bien une catastrophe individuelle. Il conditionne en particulier l’accès au logement, si délicat dans une société de la mobilité.

Un passage étonnant : la confrontation aux services sociaux, pour décrocher une allocation à la naissance d’un enfant. Une procédure étonnamment légère et rapide [là ça traine un peu, mais finalement beaucoup moins qu’en nos temps informatisés).

La décision

On a envie d’insister, parce la 4e de couv est bien écrite, parce qu’il y a du potentiel dans l’histoire, dans l’intrigue, parce que la confrontation entre les positions sociales radicalement opposées de la juge et des jeunes rejetés ou recherchant les marges de leur société est un bon sujet. Mais voilà, l’écriture est très quelconque, le récit centré sur les tourments sentimentaux de la juge, au détriment même de la crédibilité.

https://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio/La-decision

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/01/12/la-decision-karine-tuil-dans-les-coulisses-de-la-justice-antiterroriste_6109237_3260.html

Les Hommes qui me parlent

Une quatrième de couverture que fait envie, des commentaires élogieux, tout pour attirer. Et non. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Réessayer plus tard ? Trop explicite ? Ou pas assez ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Hommes_qui_me_parlent

https://www.lemonde.fr/livres/article/2011/11/17/les-hommes-qui-me-parlent-d-ananda-devi_1604896_3260.html