Marx et l’anarchisme

Pierre Ansart. PUF, 1969.

Très daté : des controverses internes à un champ, le « mouvement ouvrier », les militants « révolutionnaires ». De quoi mesurer à quel point ce n’est plus le mien. Mais où suis-je à présent ?

https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/11/15/les-precurseurs-de-marx_2440813_1819218.html

La sociologie du risque

Le gout du risque (ie la recherche de sensations fortes), contrecoup de la « sécurité sociale » ? Nous voilà tellement en sécurité que certains compensent par des activités dédiées au risque. Nous voilà tellement transportés qu’on pratique assidument le jogging ou la randonnée. Nous voilà tellement nourris qu’on en fait des régimes et de jeûnes. Nous voilà tellement soignés qu’on en tombe malade.

« Qui ne risque rien n’a rien. »

« Seul le risque librement choisi est valeur. » (page 12).

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. » (Corneille)

« La peur est moins liée à l’objectivation du risque (ie au danger) qu’aux imaginaires induits. »

Le risque :

  • impondérable, hors de toute maitrise : un événement « naturel », une catastrophe sociale, environnementale
  • effet d’une négligence, technique ou organisationnelle
  • produit d’un choix, selon un calcul assurantiel

On est enclin à surévaluer ses capacités à faire face, et à dénier les risques (page 47).

Comme toujours chez cet auteur, la construction est trop hâtive : le flot de considérations est entrainant, mais gagnerait à être canalisé.

https://www.cairn.info/sociologie-du-risque–9782130581079.htm

https://www.puf.com/content/Sociologie_du_risque

Violence partout, justice nulle part

Monde commun, n°1 – PUF, septembre 2018

Des banlieues parisiennes à l’Assam, de l’Iran au Mexique, un même constat émergeant, écrasant : la symétrie d’usage de la violence de part et d’autre de la légalité ; et même la dissymétrie, comme si l’uniforme, le droit, les procédures couvraient une violence plus dure contre les êtres dominés. La défense du pouvoir en place autorise des pratiques violentes même contre des mouvements inoffensifs ou beaucoup plus faibles, avec le soutien d’une propagande sans fard : c’est au nom de la paix civile que l’État mène la guerre contre ses populations. Il faut alors être très violent pour provoquer l’État sur son terrain, assumer la confrontation désignée comme « lutte contre le terrorisme », séditions, menaces contre l’ordre social.

La revue se limite à opposer à cette violence étatique une aspiration à la justice, avec la confusion classique du terme (appareil judiciaire/valeurs morales). Quitte à percevoir la grande difficulté à obtenir celle-ci de celle-là ! Dommage que ni éditorial ni les articles n’aillent plus loin : quelle alternative à la violence étatique en refusant le jeu violence/contre violence, appareil d’État légitime/illégitime, complicités croisées ? Des propositions un peu différentes : les associations de banlieues qui dénoncent les violences policières sans y répondre sur le terrain (ou en complément des émeutes) ; des mouvements rebelles féministes en Assam ; l’anthropologue qui se dérobe aux représentations (journalistes, agent de DEA).

Autre trait frappant : comme les appareils violents sont symétriques, on circule sans souci de l’un à l’autre, y compris le pire mercenaire du Katanga, ou les repentis guérilléros.

https://www.puf.com/content/Violence_partout_justice_nulle_part