Le Monde magique

Ernesto de Martino, 1948. Institut d’édition Sanofi-Synthélabo, 1999.

Rapidement feuilleté… Trop érudit ! Trop référencé à un univers intellectuel qui ne m’est pas familier, avec donc un cout d’entrée excessif.

https://www.editions-bartillat.fr/fiche-livre.php?Clef=542

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/03/06/le-monde-magique-d-ernesto-de-martino-des-pouvoirs-magiques-bien-reels_6116351_3260.html

https://journals.openedition.org/assr/68433

https://www.persee.fr/doc/gradh_0764-8928_1991_num_10_1_1393

D’ici et d’ailleurs – Histoires globales de la France contemporaine

Sous la direction de Quentin Deluermoz. La Découverte, 2021.

https://www.editionsladecouverte.fr/d_ici_et_d_ailleurs-9782348060106

https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/11/18/d-ici-et-d-ailleurs-dirige-par-quentin-deluermoz-la-france-a-l-age-des-interconnexions_6102514_3260.html

https://journals.openedition.org/rhc/1165

Quoi de neuf, petit homme ?

Hans Fallada, 1932 – Folio, 2007.

L’Histoire au ras des personnes : les nazis (surtout), les communistes sont là, mais à l’arrière-plan, dans la vie des protagonistes comme dans le roman. C’est un collègue de bureau, une envie de voter pour se venger d’une humiliation ordinaire de plus. Mais ce n’est pas le sujet du récit. Ça le deviendra peut-être, on s’interroge en tout cas sur le sort des protagonistes au-delà de janvier 1933. Mais peut-être pas. Dans quelle mesure le sort d’un employé de commerce, d’une jeune mère de famille, est-il affecté par la mise en place du IIIe Reich ? Il l’est par contre par l’accessibilité de l’emploi, et alors d’un revenu. Le chômage est bien une catastrophe individuelle. Il conditionne en particulier l’accès au logement, si délicat dans une société de la mobilité.

Un passage étonnant : la confrontation aux services sociaux, pour décrocher une allocation à la naissance d’un enfant. Une procédure étonnamment légère et rapide [là ça traine un peu, mais finalement beaucoup moins qu’en nos temps informatisés).

Marx et l’anarchisme

Pierre Ansart. PUF, 1969.

Très daté : des controverses internes à un champ, le « mouvement ouvrier », les militants « révolutionnaires ». De quoi mesurer à quel point ce n’est plus le mien. Mais où suis-je à présent ?

https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/11/15/les-precurseurs-de-marx_2440813_1819218.html

Changer la vie par nos fictions ordinaires

Nancy Murzilli. Premier Parallèle, 2023.

Même si elle traite avant tout de la sphère privée, histoires d’amour ou de deuil, le propos de l’auteure peut nous rassurer sur le caractère fictionnel de nos récits de travail : on se raconte des histoires, on dit bien ce qui nous arrange, on refait toujours un peu le monde. Et c’est aussi l’effet qu’on cherche à se produire chez le lecteur : par un processus d’identification, d’immersion dans une histoire, qu’il se fasse à son tour des films, pour se projeter dans un travail.

https://www.fabula.org/actualites/112759/nancy-murzilli-changer-la-vie-par-nos-fictions-ordinaires-du.html

https://www.lemonde.fr/livres/article/2023/04/30/changer-la-vie-par-nos-fictions-ordinaires-de-nancy-murzilli-fictions-vitales_6171605_3260.html

Une brève histoire du droit en Europe

Tamar Herzog, 2018. Anarchasis, 2023.

Introduction. Il ne va pas de soi que la communauté juridique soit d’abord territoriale : elle peut être familiale, professionnelle, religieuse, économique (dépendance à un seigneur, relations commerciales).

Chapitre 1. Le droit romain.

Trois caractéristiques : c’est un droit séculier ; il est centré sur la résolution des conflits ; il s’occupe du droit privé. (D’emblée des frustrations : mais encore ? Quelles sont les caractéristiques du droit grec, égyptien, gaulois, en distinction du romain ?)

Page 23 : les premiers recours aux tribunaux sont facultatifs, à la demande conjointe des deux parties, et donc sans « assignation à comparaitre » ! Dans les premiers temps de la République romaine, distinction progressive de la fonction religieuse (désignation de prêteur à partir du IVe siècle).

Distinction du jugement en deux phases : premier tour pour vérifier que l’acte relève bien du droit, dépend d’une règle ; deuxième tour pour étudier les conditions concrètes de son application, dans une situation singulière.

Page 34 : créativité juridique des Romains, avec des termes comme obligation, contrat, tutelle, société, héritage, vente, présomption (charge de la preuve à celui qui conteste). Et cette créativité est le fait direct de juristes, sans que les empereurs ne parviennent pas à contrôler vraiment.

Dans le chapitre suivant : malgré l’annonce d’une forme brève, longue description (à mon gout) de l’évolution du droit romain au droit moderne à travers les méandres de la féodalité, de l’église, de la monarchie, sur le continent d’une part, en Angleterre d’autre part. Elle fait « l’histoire du droit » au sens étroit du terme : l’objet de l’étude reste les textes juridiques, leur codification, certes dans l’histoire, mais surtout l’histoire politique, institutionnelle. Trop peu, à mon gout, d’ancrage dans le sociale, le culturel. Elle reste un niveau d’abstraction élevée, avec de trop rares exemples concrets.

Page 295. La Révolution française pose l’idéal d’un code juridique « clair, concis, accessible à tous ». Le Code civil était censé être « un manuel présent dans chaque foyer, à la disposition des individus rationnels désireux de prévoir le résultat de leurs activités » (quel idéal de prescription !), « qui ne reposait pas sur la tradition (pourtant une sédimentation de règles ; c’est peut-être une autre caractéristique de la bureaucratie : « avant moi le déluge » ; chaque « réforme »nie autant le travail passé, accumulé, que le travail à venir, vivant), mais sur la volonté du peuple (c’est-à-dire de ses représentants) et sur la raison (forcément universelle).

Le dernier paragraphe de la dernière page condense toute la frustration que j’ai pu éprouver la lecture de ce livre : un questionnement ouvert sur « un nouveau paradigme » prenant en compte la diversité des échelles de pertinence du juridique, bien au-delà (les O.N.G., les multinationales, les organismes internationaux), et en de ça de l’État-nation. Mais c’est déjà terminé !

http://www.editions-anacharsis.com/Une-breve-histoire-du-droit-en-Europe

https://www.lemonde.fr/livres/article/2023/02/02/une-breve-histoire-du-droit-en-europe-de-tamar-herzog-le-droit-une-reinvention-permanente_6160321_3260.html

https://journals.openedition.org/lectures/61620