Pourquoi faut-il raconter des histoires ?

Bruno de La Salle, Autrement, 2005.

Beaucoup d’histoires racontées au passage, mais qui tombent un peu à plat : trop attendues, trop didactiques, à mon gout. Un conte peut-il être subtil ?

https://www.mondoral.org/Pourquoi-faut-il-raconter-des-histoires.html

https://www.liberation.fr/culture/2005/10/17/de-bonnes-raisons-de-faire-des-histoires_535843

Ève s’évade – La Ruine et la Vie

Hélène Cixous, Galilée, 2009.

Lecture difficile ! Deux personnages en tout et pour tout, parfois ancré dans les événements du quotidien, le plus souvent dans l’exposition des rêves.

http://www.editions-galilee.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=32764

https://www.lemonde.fr/livres/article/2009/10/22/eve-s-evade-la-ruine-et-la-vie-d-helene-cixous_1257202_3260.html

Le continent du Tout et du presque Rien

Sami Tchak, JC Lattès, 2021.

C’est grinçant, voire sardonique : sans doute de l’ordre du règlement de comptes entre intellectuels, voire pour l’auteur lui-même, en regard de son parcours. Peut-être aussi parce qu’il en reste aux conditions d’emploi de l’ethnologue (le choix de son « terrain », l’enquête si artificielle dans le village visité, les mesquineries du monde universitaire), et n’aborde guère son travail de fond (comment connaitre l’autre, comment en rendre compte).

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/12/26/le-continent-du-tout-et-du-presque-rien-les-tribulations-intellectuelles-de-sami-tchak_6107326_3212.html

L’ordinaire de la littérature – Que peut (encore) la théorie littéraire ?

Florent Coste, La Fabrique, 2024.

https://www.fabula.org/actualites/119915/florent-coste-l-ordinaire-de-la-litterature-que-peut-encore-la-theorie-litteraire.html

https://www.lemonde.fr/livres/article/2024/04/11/l-ordinaire-de-la-litterature-de-florent-coste-le-feuilleton-litteraire-de-tiphaine-samoyault_6227238_3260.html

La mémoire délavée

Nathacha Appanah, Mercure de France, 2023.

Les promesses littéraires du premier chapitre (les vols d’étourneaux) ne se confirment pas, à mon gout, au fil des pages. Je n’ai pas à réussi à entrer dans son monde de souvenirs : exposé trop platement ? les traits de construction (je dis comment j’écris, l’auteure écrasant alors quelque peu la narratrice) trop saillants ?

https://www.mercuredefrance.fr/web/index.php/la-memoire-delavee/9782715260269

https://www.lemonde.fr/livres/article/2023/09/03/nathacha-appanah-l-enfance-a-fleur-de-peau_6187635_3260.html

Tout doit disparaitre – Lettres d’un monde qui s’efface

Annabelle Perrin, François de Monès, Seuil, 2023.

La disparition des croisières (Annabelle Perrin, François de Monès)

La disparition de la grève (Julien Brygo) : à propos d’un bâtiment démoli, symbole de l’autogestion des dockers de Dunkerque

La disparition des arbres à Lagos (Sophie Bouillon) : terrifiant portrait de la mégapole nigériane

La disparition du terrain de foot de Montcabrier (Emmanuel Riondé) : du fait du chantier de l’A69

La disparition des pépins (Iman Ahmed) : histoire de pastèques

La disparition de la honte (Laury Caplat) : le droit à l’avortement au-delà du juridique, dans sa réalité sociale et médicale

La disparition de la maladie du sommeil (Adrien Absolu) : des recherches scientifiques en terres coloniales

La disparition du cash (Anne-Dominique Correa) : dans de petites villes d’Angleterre privée de DAB (ATM)

La disparition d’un passeport (Mohamed Mbougar Sarr) : de longues heures dans la « zone d’attente pour personnes en instance » de l’aéroport de Mexico.

https://www.seuil.com/ouvrage/tout-doit-disparaitre-collectif/9782021525915

https://www.philomag.com/livres/tout-doit-disparaitre-lettres-dun-monde-qui-sefface

Manie épistolaire – Lettres choisies, 1930-1991

Émile Cioran, Gallimard, 2024.

Qqs aperçus de la vie quotidienne dans le milieu intellectuel parision de l’après-guerre. De là à mériter d’être publiées…

https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Manie-epistolaire

https://www.fabula.org/actualites/118873/cioran-manie-epistolaire-lettres-choisies-1930-1991.html

Le temps des laboureurs – Travail, ordre social et croissance en Europe (XIe-XIVe siècle)

Mathieu Arnoux, Albin Michel, 2012.

Il y aurait une histoire sociale à écrire du travail qui ne soit pas seulement production de « ressources » à partager entre classes dominantes, qui ne se réduise pas à son produit, et même au surproduit indispensable à la superstructure des civilisations ; qui ne réduisent pas les serfs, les esclaves, les artisans à des exploités, agents certes de la production, mais telles des machines (fantasme aristotélicien), c’est-à-dire sans paroles, sans autonomie, sans marge de manœuvre propre par leur travail (qui ne surgissent alors dans l’histoire que par la révolte).

Biais considérable des sources (scripturales, et alors exclusivement le fait des dominants, ou archéologiques, mais alors sans accès à la parole de ceux qui vivaient la).

Travers terrible de la conclusion du Manifeste : « les prolétaires n’ont que leurs chaines à perdre. » Mais comment peut-on travailler enchainés ? Idem pour l’Internationale : « nous ne sommes rien, soyons tout. » Seulement des slogans, certes, mais tout de même…

https://www.albin-michel.fr/le-temps-des-laboureurs-9782226209092

https://journals.openedition.org/crmh/pdf/13043

https://www.lemonde.fr/livres/article/2012/10/18/comment-le-paysan-devint-un-heros_1777069_3260.html