Le printemps des cathédrales

Jean Diwo, 2013

https://editions.flammarion.com/le-printemps-des-cathedrales/9782080682703

On n’y croit pas une minute… Les dialogues sont complètement artificiels, didactiques au pire sens du terme. On enchaine les scènes contemporaines en décor de carton pâte, avec des personnages en costume de foire. Ce n’est pas un roman, pas non plus un manuel d’histoire, et même des enfants qui auraient tout à découvrir mérite mieux que ça.

Retour à Lemberg

Philippe Sands, Albin Michel, 2017.

https://www.albin-michel.fr/retour-a-lemberg-9782226395160

https://fr.wikipedia.org/wiki/Retour_%C3%A0_Lemberg

cf. aussi le numéro de la revue Sensibilités « La guerre transmise »

Surement passionnant à lire, mais le livre demande tout de même du temps pour faire connaissance des lieux, des personnages, et je n’ai pas été convaincu de l’intérêt de faire l’effort. La mise en bouche et les derniers moments du procès de Nuremberg m’ont suffi.

Les hommes lents – Résister à la modernité XVe – XXe siècle

Laurent Vidal, Flammarion, 2020.

Une approche par la socio-histoire, quand on pourrait imaginer une entrée plus psychologique, ou bien anthropologique sur le rapport aux rythmes de vie, aux rythmes sociaux, aux interactions dans le temps entre individus, entre individus et environnement matériel. Et puis, ce qui m’est cher, une approche par la clinique du travail. La lenteur ou la promptitude de l’action humaine se pose nécessairement de façon très différence pour celui qui est aux prises avec le rythme de croissance des plantes, le passage des jours et des saisons. La question de la vitesse est liée à l’artificialisation des techniques humaines, ne serait-ce que l’éclairage ou les techniques de mesure du temps. Je peux travailler à toute heure du jour et de la nuit, sans autre limitation de durée que le temps dont je dispose, que je choisis ou que je suis contraint d’y consacrer.

C’est tout particulièrement vrai pour les métiers du soin (du care), et l’auteur ne manque pas d’interroger le caractère genré de la question à la fin de son essai (belle question sémantique : quelle alternative au titre « les hommes lents » pour ne pas sembler en exclure les femmes ? « Les humains lents », « les personnes lentes » ?!?). Éduquer, guérir, accompagner dans la dépendance sont des activités qui ne rentent pas facilement dans les forceps du chronométrer. Savoir agir parfois dans l’urgence, ou bien compter sur les effets du temps qui passe sont des ressources majeures pour celles qui accompagnent autrui, de la maternité à l’hospice.

« Entre des cas aussi éloignés que Richard III, Don Quichotte ou les slow mens of London, une étrange similitude s’impose toutefois. Qu’ils soient hommes de pouvoir ou gens du peuple, tous sont des déplacés : l’un vit d’errance, d’autres ont fait l’expérience de la migration ; quant à Richard de Gloucester, c’est parce qu’il n’est pas à la place qu’il souhaite dans la ligne de succession du trône d’Angleterre qu’il entreprend ce combat. Tel est le message des œuvres de fiction : les hommes lents sont aussi des hommes déplacés, et au double sens (spatiale et sociale) du terme. » (pages 65/66)

https://editions.flammarion.com/les-hommes-lents/9782081427822

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/04/02/laurent-vidal-henry-david-thoreau-la-chronique-poches-de-francois-angelier_6120281_3260.html

https://journals.openedition.org/nuevomundo/86387

https://journals.openedition.org/bresils/9549

Histoire de l’économie mondiale – Des chasseurs-cueilleurs aux cybertravailleurs

Jean-Marc Daniel, Tallandier, 2023

https://www.tallandier.com/livre/histoire-de-leconomie-mondiale-2/

Comment est-ce que j’ai pu me faire avoir à emprunter puis transporter un livre aussi prétentieux que creux ? Comment peut-on se sentir légitime à balancer autant de considérations d’opinion sans aucune rigueur d’argumentation ? Il faut tout de même mesurer le succès de ce type de discours.

https://www.melchior.fr/note-de-lecture/histoire-de-l-economie-mondiale

Le blé des physiocrates

Aliénor Bertrand, Cahiers philosophiques, 2018

https://www.cairn.info/revue-cahiers-philosophiques-2018-1-page-9.htm

« Resémentisation » par les physiocrates du terme « blés » : quand les paysans désignent ainsi non seulement tout un éventail de plantes céréalières ou de légumineuses cultivées en saisonnalité, avec un travail spécifique des terres, mais aussi ces terres à « bleds » elles-mêmes, l’activité d’entretien minutieux qu’elles nécessitent, les physiocrates le réduisent au froment, pour en faire un indicateur de production agricole (calcul de rendements, à partir de la mesure des intrants), et même un équivalent général sur les marchés agricoles. Ce n’est pas une « épistémé » (Foucault) ou un mode de production qui se substitue à un autre, ce sont deux configurations du rapport au vivant, au travail et au végétal qui cohabitent, s’opposent, dans les représentations comme dans les pratiques. L’enjeu est la production (les cultures « vivrières » sont bien plus sécures pour les paysans que la production pour le marché), mais aussi le rapport au travail vivant, au travail en général. Le dénigrement du travail paysan est impressionnant, par exemple chez les encyclopédistes, ou les botanistes qui se posent en rivaux dans la connaissance du végétal.