Théorie du langage

Karl Bühler, 1934. Agone, 2009.

La lecture de la préface (Jacques Bouveresse) et de l’introduction (Janette Friedrich), ainsi qu’un rapide feuilletage suffit être persuadé que ça me dépasse. Je serais curieux de savoir qui est capable, combien sont capables de ne serait-ce qu’entamer une telle lecture. C’est d’une haute technicité. Mais il en faut bien ? Pourtant, Agone n’est pas un éditeur de niche universitaire. Mais je peine à trouver les marches pour accéder à cette montagne. Un peu triste, non ? La faute aux vulgarisateurs ? Ou plutôt au défaut de vulgarisateurs, là où tant d’autres m’évitent (nous évitent) de potasser Aristote et Kant dans le texte. Disons cela : on manque (je manque, dans ce champ peut-être étroit de philosophie du langage) de passeurs, et Bouveresse n’est pas sur ce créneau. Même la notice Wikipédia de Karl Bühler est ardue. Et encore : pourquoi n’y a-t-il pas de mention Buhler dans un livre comme Introduction à la philosophie du langage de Denis Vernant ? Des champs trop indistincts entre linguistique, philosophie, psychologie ?

https://agone.org/livres/theoriedulangage

https://www.cairn.info/theorie-du-langage–9782748900866.htm

https://journals.openedition.org/lettre-cdf/146

https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/2010-v37-n2-philoso3970/045208ar/

https://www.cairn.info/revue-la-linguistique-2011-2-page-151.htm

Plus tard tu seras éboueur

Ludovic Franceschet. City éditions, 2022.

http://www.city-editions.com/index.php?page=livre&ID_livres=1539&ID_auteurs=740

Voilà un récit de travail comme nous les aimons.

Parce qu’on y découvre une activité. Les cantonniers sont bien sûr très visibles dans l’espace public et on ne manque pas non plus de s’apercevoir rapidement de leur absence. Ils doivent même se voir, tant les collectivités locales sont soucieuses de montrer à leurs administrés qu’elles investissent dans la propreté. Mais on ne les voit pas vraiment, on fait semblant de les voir, comme des éléments du décor. Alors il est bien intéressant d’avoir ce récit d’un travail au long cours, avec ses tâches certes fastidieuses, répétitives, mais aussi gratifiantes ; ses rencontres parfois marquées par le mépris, souvent par la reconnaissance ; ses satisfactions et ses peines.

Parce que le récit tient bon sur la distinction entre le travail comme activité et le travail comme emploi. Certes il y a de quoi dire sur le salaire, les horaires, les effectifs, et c’est dit, mais jamais au détriment de l’activité, de ce que fait concrètement un cantonnier à son environnement, aux personnes avec qui il interagit.

Parce que ce récit, ancré des deux pieds et du balai dans le quotidien, est aussi très politique. Le cantonnier a beaucoup à dire sur une économie productrice de déchets. Il est très averti de la question de la division du travail, non seulement entre producteurs et consommateurs, mais aussi, à l’autre bout, entre consommateurs et, comment les appeler, disons « recycleurs », on ne sait trop, tous ceux qui travaillent à faire quelque chose des rebuts de la consommation. Il est aux premières loges des questions de la hiérarchie des emplois dans notre société, des distinctions des activités selon leur utilité sociale. Il précise ne pas avoir d’opinion particulière sur les orientations de son employeur, la mairie de Paris, mais il fait bien de la politique au sens le plus fort du terme : c’est le bien commun qui occupe ces journées.

Parce que ce récit est celui d’une personne à nulle autre pareille. Il raconte longuement, avec verve, son parcours de vie cahoteux et chaotique, souvent dans la rue, mais du côté des marginaux, avant de décrocher un salvateur concours de recrutement. Il ne se prétend pas porte-parole de ses collègues. Il raconte son histoire, et ça nous parle !

Enfin parce que ce livre manifeste tout l’intérêt qu’il y a à raconter son travail, quel qu’en soit le support. À l’origine de cette publication, il y a d’abord des billets sur les réseaux sociaux, qui ont valu une forte popularité à l’auteur. Par ce livre, il a passé un cap dans la reconnaissance, du public et de son employeur. Voilà qui fait du bien, et tant mieux, à la personne, à priori guère destinée à la fréquentation des plateaux de télévision. Mais aussi à ceux qui profitent directement de son activité, ainsi que de celle de ses collègues. Et enfin à tous ceux qui se soucient d’imaginer un monde où l’on prenne davantage et autrement soin des choses : ils y trouveront de quoi cogiter. Merci à son auteur !

Et si les Beatles n’étaient pas nés ?

Pierre Bayard. Éditions de Minuit, 2022.

Ce qui fonctionne assez bien dans le cas d’une substitution circonscrite [les Kinks plutôt que les Beatles, Camille Claudel plutôt que Rodin] est beaucoup plus douteux pour des penseurs d’influence [Proudhon plutôt que Marx, Pierre jamais plutôt que Freud]. C’est une chose que de refuser le déterminisme du talent hors norme, du génie créateur qui ne peut que s’imposer à tous, même méconnu de son époque, ou bien de décrypter les mécanismes sociaux de promotion d’un auteur, et donc de garder à l’esprit que ça aurait pu ne pas se produire, se produire autrement. C’est autre chose que d’imaginer à postériori, pétri de ses représentations contemporaines, d’autres configurations sociales. Là plus que jamais, la réponse fait le malheur de la question.

PREMIÈRE PARTIE : ÉCLIPSES

Chapitre premier : Un monde sans les Beatles

Chapitre II : Un monde sans Rodin

Chapitre III : Un monde sans Shakespeare

DEUXIÈME PARTIE : INFLUENCES

Chapitre premier : Un monde sans Marx

Chapitre II : Un monde sans Freud

Chapitre III : Un monde sans Mead

TROISIÈME PARTIE : INFLUENCES RÉTROSPECTIVES

Chapitre premier : Un monde sans Kafka

Chapitre II : Un monde sans Proust

Chapitre III : Un monde sans Beauvoir

QUATRIÈME PARTIE : INTERVENTIONS

Chapitre premier : Un monde sans Pasternak

Chapitre II : Un monde sans Louise Labé

Chapitre III : Un monde sans cavaliers bleus

http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Et_si_les_Beatles_n_%C3%A9taient_pas_n%C3%A9s__-3385-1-1-0-1.html

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-suite-dans-les-idees/et-si-l-histoire-de-l-art-devenait-contrefactuelle-5483955?fbclid=IwAR3IrprKqJ-Or_o8Zu4rppj1Ee7t6MaoDtD5eKPtoB1KTXsH9BjJgIMMKjE

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/11/09/beatles-bayard/

Et si on écoutait les experts du travail, ceux qui le font

Alain Alphon-Layre. L’Harmattan, 2023.

Voilà bien un livre qui nous intéresse et nous parle, à la coopérative Dire Le Travail. Et nous avons d’ailleurs eu l’occasion de croiser la route d’Alain Alphon-Layre, quand, responsable CGT, il s’efforçait d’encourager la prise en compte du travail du vivant dans les préoccupations syndicales, au-delà des questions d’emploi. Comment dépasser la distinction historique qui s’est imposée à l’ère du taylorisme, laissant la main aux employeurs sur la définition du contenu de l’activité, les syndicalistes ne s’occupant que des conditions dans lesquelles elle est réalisée ? À l’extrême, tant pis si le travail à la mine, à la chaine, sur la plateforme d’appel est dégradant, pour celui qui le fait comme par son impact sur le monde, pourvu qu’il soit payé correctement, en ne prenant pas trop de temps, en ne risquant pas trop sa santé. Considérer que les travailleurs sont « experts de leur travail », sont légitimes à discuter de la tâche et de la procédure avec l’ingénieur des méthodes, le manager ne va pas toujours de soi dans le monde syndical, et Alain doit encore formuler cette idée sous forme de question pour le titre de son livre. Souhaitons que Sophie Binet, par exemple, réponde « oui, bien sûr, donnons-nous en les moyens, en ne parlant pas que semaine de 32 heures et retraite à 60 ans ! »

Écouter la parole des travailleurs sur leur activité est d’autant plus important en ces temps où « le management » envahit les ateliers, les bureaux, les services. Alain a donc tendu son micro à treize personnes, en les invitant à lui dire ce qu’elles souhaitent à partir de deux questions simples : comment travaillez-vous ? Comment aimeriez-vous travailler ? À la première question, chacun se lance d’abord dans des explications, plus ou moins longues, sur ce qu’on lui demande de faire, sur ce qu’il est censé faire, sur les conditions dans lesquelles il doit se débrouiller pour faire. Et ça ne manque pas d’intérêt d’être ainsi invité par le narrateur à découvrir un atelier de production de disjoncteurs, de soudure, un bloc opératoire, un commissariat, un tribunal, une salle de classe. Le lecteur a bien quelques images en tête, mais une visite accompagnée d’un guide très familier des lieux est bienvenue, éclairante. Et on peut s’inquiéter de ce qui est décrit dans les récits de l’organisation du travail tel qu’elle est imposée : manifestement, les managers, tout occupés à réduire les couts, à optimiser les process, à tendre les flux, ne garantissent pas les conditions d’un travail de qualité. Pour reprendre la conclusion de Caroline, monteuse manuelle en usine, « Les conditions de travail ont été améliorées, c’est indéniable, mais la reconnaissance, le savoir-faire et la qualité de la production ne sont pas ce qu’ils devraient être, c’est ça qu’il faut changer pour bien travailler et être mieux au boulot. »

Tout empêtrés dans ces prescriptions qui prolifèrent, ces travailleurs se font souvent porte-paroles de leur métier pour revendiquer un peu d’air, de marge de manœuvre propre, et, dans leur récit, tardent parfois à recourir au « je », à raconter, pour de bon, leur activité. Finalement, c’est tout de même l’essentiel : ce qui se passe entre le magistrat et les prévenus ou les victimes, entre l’enseignante ou l’aide-éducateur et ses élèves, les savoir-faire et tours de main du livreur à vélo, du soudeur, de l’agent de caisse ou d’entretien. Dans ses commentaires, Alain rappelle toute la place de la triche dans le travail contemporain, parce qu’il faut bien se débrouiller. Il y a encore beaucoup à écrire, certainement pour d’autres livres à venir !

https://www.metiseurope.eu/2023/06/30/alain-alphon-layre-et-si-on-ecoutait-les-experts-du-travail-ceux-qui-le-font/

La route des Flandres

Claude Simon, 1960. Éditions de Minuit, 1960.

Peut-être, le reprendre un jour, à tête reposée ? Lire par petits bouts, plutôt que d’une traite, pour digérer patiemment ? Étudier le style plutôt que de s’acharner à identifier les éléments narratifs ? Voir comment c’est écrit plutôt que ce que ça dit ? Au moins je peux dire qu’il s’agit bien là de se coltiner de la littérature !

http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-La_Route_des_Flandres-1854-1-1-0-1.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Route_des_Flandres

Requiem

Gyrðir Elíasson. La Peuplade, 2022.

Touchant parce tout ce qu’il laisse deviner au lecteur (ce que j’ai mis du temps du moins à lire) : le glissement dans la folie, quand l’obsession de noter (écrire, tenter de saisir en notes musicales les sons qui captent son attention) tourne à la manie pathologique, à la coupure du monde par l’enfermement dans un carnet. Le voisinage est peu encourageant, la chaleur humaine ambiante à la hauteur des températures de l’été islandais, et les relations professionnelles factices du publicitaire peu engageantes. Reste la musique.

https://lapeuplade.com/archives/livres/requiem

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/02/10/jacques-aumont-laure-de-chantal-yann-diener-avrom-moshe-fuchs-maja-thrane-les-breves-critiques-du-monde-des-livres_6113192_3260.html

Le piéton de Paris

Léon-Paul Fargue. Gallimard, 1932, 1939.

Pas conquis : trop subjectif, et ce sont avec les lunettes pince-nez du poète, du lettré, du petit industriel à l’aise en société qu’il décrit sa ville, là où j’attendais, j’espérais une description plus journalistique, façon Joseph Kessel.

Relire « le Piéton de Paris »

https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/11/22/l-esprit-de-paris-leon-paul-fargue-de-pied-en-capitale_6060698_3260.html

Le consentement

Valérie Springora. Grasset, 2020.

Le récit résiste autant au simplisme de la causalité unique, ou même principale, qu’à celui du système causal, avec pluralité de facteurs à analyser et structurer. C’est une vie, un corps, une existence abusée, abandonnée.

Débrouille-toi, fais ta vie, même à quatorze ans. Tant pis pour toi : tu savais, tu aurais dû savoir.

Il y a de la solidarité, mais vis-à-vis de l’agresseur, et c’est une solidarité passive, de l’ordre du laisser-faire, de l’incapacité à tenir un simple « non ».

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/avec-le-consentement-vanessa-springora-depeint-les-ressorts-de-l-emprise_6025374_3232.html

Lettre aux ingénieurs qui doutent

Olivier Lefebvre. L’échappée, 2023.

https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/lettre-aux-ingenieurs-qui-doutent

https://usbeketrica.com/fr/article/mon-livre-s-adresse-aux-ingenieurs-souffrant-de-dissonance-cognitive

https://www.lemonde.fr/campus/article/2023/06/19/je-ne-sais-pas-combien-sont-ces-ingenieurs-qui-doutent-mais-mon-experience-me-laisse-penser-qu-ils-sont-de-plus-en-plus-nombreux_6178318_4401467.html

L’auteur écrit en tant qu’ingénieur, à d’autres ingénieurs, dans le prolongement de nombreuses discussions qu’il a eues au cours de sa carrière. Il écrit en jeu, pour raconter son parcours, ses questionnements, les réponses qu’il a peu à peu élaborées, en s’appuyant aussi sur de nombreuses lectures (quelques noms pour donner une idée de la diversité : Harmut Rosa, François Jarrige, Léon Festinger, Guy Debord). En bon ingénieur, il raisonne, élabore, en accordant beaucoup de confiance à la force des arguments. Mais il sait, il a appris, la force des affects : s’il a fini par quitter son poste (dans la conception de véhicules à conduite autonome), s’il a franchi le pas qu’il invite à présent à faire à ses anciens collègues, il raconte en ouverture du livre la situation personnelle qui l’a décidé à changer de vie.

Les ingénieurs sont donc particulièrement interpelés, invités à interroger les fondamentaux de leur métier : concevoir des dispositifs techniques performants ; contribuer par leurs savoirs techniques à l’élaboration et le fonctionnement de projets industriels. Qu’en faire lorsque l’on se convainc que la surenchère technologique participe désormais davantage du problème, la pression excessive des activités humaines sur l’environnement, que de la solution ? L’auteur s’appuie beaucoup sur le concept de dissonance cognitive : on pense contribuer au progrès social, à l’amélioration des conditions de vie de l’espèce humaine ; on contribue en fait à entretenir une surenchère périlleuse source de catastrophes, présentes et à venir, et pas seulement climatiques. Un exemple précis, vécu : développer des systèmes de transport autonome pour charger et décharger les porte-conteneurs dans les grands ports asiatiques facilitent certes le travail des dockers (du moins ceux qui conservent leur emploi), mais contribue, par la baisse des couts de transport, à la prolifération des échanges de marchandises. Comment faire ?

Autre préoccupation forte : la « cage dorée » que représente le statut d’ingénieur. L’expression parlera à tous ceux qui se sentent otages de leurs contrats à durée indéterminée, du salaire mensuel. Même quand la cage est rouillée plutôt que dorée, il n’est pas facile de s’en extirper…

Il en vient donc, et c’est passionnant, à pointer la dimension politique du travail : qui décide ce qui est pertinent ou non, lorsque le travail accompli a un impact fort sur les conditions de vie de ses congénères ? Sa conclusion personnelle : au moins ne pas nuire (« Primum non nocere »). Ce qui peut rapidement être contradictoire avec une activité quelconque, qui comporte toujours une part de risque, toujours des effets délétères plus ou moins prévisibles. Il se réfère également à Herman Melville : « I would prefer no to… ». Mais peut-on ne rien faire ? Dans le cas de Bartleby, l’histoire se termine mal…

Ce livre mérite d’être lu, parce que nous avons affaire à des ingénieurs, mais également parce que bien des métiers, sinon tous, sont concernés, à un degré ou à un autre, par « une dimension politique », des dilemmes, à commencer par celui de faire ou de ne pas faire. Il ouvre le débat, inépuisable, de ce qui peut être fait « de l’intérieur », ou « de l’extérieur ». Sans botter en touche, on pourra au moins soutenir toute l’importance d’éviter la politique de l’autruche, de parler de ce qu’on fait, entre collègues, dans des espaces sociaux, pour envisager, ensemble, ce qu’on pourrait, devrait faire autrement.

Le sauvage et le politique

Édouard Jourdain, PUF, 2023

Même assortie de précautions d’usage, la distinction raide entre « sociétés sans État » (immense paquet !) et sociétés étatiques (idem !) structure beaucoup trop le propos. Dans ces conditions, évidemment, il trouve ce qu’il a posé d’avance ; comme il faut bien faire quelque chose des continuités, territoriales ou temporelles, il écrit des propos comme « dans les sociétés qui voient poindre l’État, les prêtres vont avoir la fonction de doubler le roi. » Que de maladresses, pas seulement syntaxiques !

Je ne suis pas convaincu par les grandes généralités anthropologiques sur le sacré, la peine de mort, le sacrifice, le rituel, en circulant à toute berzingue du Moyen Âge européen aux civilisations précolombiennes, en passant par l’Antiquité, le tout soutenu par René Girard (cf. page 89)

Mal écrit, mal pensé : synthèse sur Engels (ô combien maladroite) page 199 et suivantes. Encore un compilateur bibliophage, faible en conceptualisation, et beaucoup moins fort en synthèse que d’autres (Mazurel). De la dissertation étudiante : page 167,170, etc.

Perspectives : page 329. Des collectifs humains et non humains sur les territoires (« des alliances »). Page 338 et suivantes : les pirates comme modèle. Page 356 et suivantes : de bonnes règles démocratiques (consensus, délibération, etc.)

Il y a de quoi s’appliquer à comprendre ce qui ne va pas, tout comme un musée de province permet de saisir ce qui va, ce qui est fort dont des œuvres majeures. À regarder à la hauteur de la phrase (le plus facile : construction maladroite, charabia, amphigouri), de la construction (au secours mes maitres ! Vite, des exemples, des citations pour soutenir les idées branlantes), du propos d’ensemble (plus dur, mais introduction et conclusion donne un bon aperçu de la vacuité du propos).

Peut-être que ce type de livre manifeste l’épuisement de cette approche de l’essai du penseur solitaire qui se noie dans l’océan des livres publiés et qui tente une compilation/synthèse hétéroclite, tambouille sans conscience, cohérence, nouveauté.

https://www.puf.com/content/Le_sauvage_et_le_politique

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/05/09/le-sauvage-et-le-politique-d-edouard-jourdain-un-autre-regard-sur-la-civilisation_6172631_3232.html

https://lundi.am/Nouvelles-conjurations-sauvages