Jean-Luc et Jean-Claude

Laurence Potte-Bonneville. Verdier, 2022

L’écriture d’abord intrigue, attire l’attention, mais je me suis rapidement lassé de jouer aux devinettes. Pourquoi pas.

Cf. sur le site de l’éditeur.

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/08/25/laurence-potte-bonneville-jean-claude-mourlevat-sarah-winnemucca-les-breves-critiques-de-la-rentree-litteraire_6139040_3260.html

Renaissances – au singulier ou au pluriel ?

Jack Goody. Armand Colin, 2020

Si on plaide pour l’absence de schéma unique d’évolution des sociétés humaines, si on rejette par principe la téléologie, comment comprendre la persistance de l’emploi de termes comme « arriération », « épanouissement d’une culture » ?

Son objet : montrer la pluralité, plutôt que le seul modèle européen, de « voies d’accès à la modernité ». Mais il y aurait bien une modernité, étape commune de l’histoire, comme s’il y avait un âge adulte, l’enfant (les sociétés passées) n’étant jamais qu’une société moderne en devenir.

https://www.librairie-gallimard.com/livre/9782200629199-renaissances-au-singulier-ou-au-pluriel-jack-goody/

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2011-4-page-125.htm

https://journals.openedition.org/lectures/47989

https://www.ombres-blanches.fr/product/ean/9782200629199/jack-goody-renaissances-au-singulier-ou-au-pluriel

Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?

Jacques Ellul. La Table Ronde, 2018

Tout de même beaucoup plus théologique que sociologique ou historique… Et un ton très assertif, raide même, d’un homme plus en colère qu’en réflexion. Curieuse position d’énonciation. Peut-on avoir raison contre tous dans son monde ? À quoi bon alors le crier ? Suffit-il d’asséner sa lecture du problème et ses solutions (travailler deux heures par jour) pour rendre la lumière aux aveugles, dissiper les illusions ?

https://www.editionslatableronde.fr/pour-qui-pour-quoi-travaillons-nous/9782710386032

https://www.les-crises.fr/pour-qui-pour-quoi-travaillons-nous-jacques-ellul/

https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_2014_num_94_1_1816_t7_0101_0000_2

http://blog.ac-versailles.fr/oeildeminerve/index.php/post/19/07/2013/Jacques-Ellul%2C-Pour-qui%2C-pourquoi-travaillons-nous-Editions-de-La-Table-Ronde%2C-2013%2C-lu-par-Patricia-Doukhan

D’où vient la violence ? Ses racines et ses débordements

Gérard Bonnet et alii. In Press, 2022.

Réponse claire, si on peut dire : du tréfonds de la psyché, amassée par les processus de « refoulement », et qui ressurgit par « pulsions », à commencer par la pulsion sexuelle. Les humains les plus quiets sont susceptibles de s’abandonner aux furies, car « ça déborde » quand les « défenses névrotiques » cèdent, quand les « instances juridiques et sociales » ne suffisent plus à la contrer. « Ces poussées sont toujours là, prêtes à surgir, sans respect de l’autre ou de l’environnement, dès que le moi se sent menacé », chez le pékin comme chez le tyran.

La maladie blanche

Karel Capek, 1937. Éditions du Sonneur, 1922.

Remarquable d’efficacité, et d’anticipation (le virus chinois !). Les personnages sont tous droits dans leurs bottes tant qu’ils ne tombent pas comme des mouches sous la maladie, ou finalement, pour le vertueux docteur, victime de la haine des hommes. Celui-ci est sans doute trop seul, avec comme seule arme le chantage. Jouer de la peur de la mort n’est efficace qu’à la courte vue du condamné frappé du stigmate (la tache blanche de la maladie). L’issue fatale épargne à l’auteur une redoutable question : les bellicistes auraient-ils tenu parole ?

https://www.editionsdusonneur.com/livre/la-maladie-blanche/

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/03/18/la-maladie-blanche-les-hantises-de-karel-capek_6118173_3260.html

Partout les autres

David Thomas. L’Olivier, 2023.

Une lecture addictive, et je suis allé au bout malgré la misanthropie tout de même perturbante du propos. Sitôt un bref récit que je me jetais sur le suivant, comme une fraise tagada. D’ailleurs, ça colle aux dents, ça écœure un peu, ça ne se digère pas très bien. On en sourit parfois, souvent jaune. Mais c’est d’une remarquable efficacité.

Dommage qu’il n’explore pas le monde du travail, il y aurait de quoi enchainer aussi les cartons sur les travers des relations professionnelles.

http://www.editionsdelolivier.fr/catalogue/9782823620139-partout-les-autres

https://www.lemonde.fr/critique-litteraire/article/2023/03/09/emmanuelle-heidsieck-valery-lebedinski-helene-ling-david-thomas-les-breves-critiques-du-monde-des-livres_6164857_5473203.html

La Maison du bout du monde

Henry Beston, 1928 / 1956. Éditions Corti, 2022.

La nature (l’océan, les oiseaux, les dunes, les intempéries) comme personnage principal : et il s’en passe des choses, sur terre comme aux cieux.

https://www.jose-corti.fr/titres/maison-au%20bout-du-monde.html

https://lmda.net/2022-04-mat23249-la_maison_au_bout_du_monde?debut_articles=%4012168

L’ange sur le toit

Russel Banks, 2000. Actes Sud, 2001.

Certes, c’est bien écrit, dans un style très identifiable (à quoi ?), et très efficace. Certes, les personnages sont touchants, crédibles, contemporains. C’est peut-être le problème : faire de la littérature dans un monde un peu médiocre…

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/lange-sur-le-toit

https://critiqueslibres.com/i.php/vcrit/980

Utérotopie

Espedite. Actes Sud, 2023.

Une très belle langue, ravissante et effrayante à souhait. C’est inhumain·e, caustique, comme un machine rongée par les acides.

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/uterotopie

https://www.lemonde.fr/critique-litteraire/article/2023/03/23/raul-brandao-claude-burgelin-christophe-donner-agnes-mathieu-daude-les-breves-critiques-du-monde-des-livres_6166750_5473203.html

https://www.quoideneufsurmapile.com/2022/12/uterotopie-espedite.html

Le livre est-il écologique ? Matières, artisans, fictions

Association pour l’écologie du livre. Wildproject, 2020

Intéressant par la variété des textes : analyse, prise de position, interview (façon récit de travail : comment choisir ses intitulés de rayonnage pour ranger les livres un peu hors catégories ?), récit fictionnel (des coopératives d’éditeurs et de lecteurs en 2030).

https://wildproject.org/livres/le-livre-est-il-ecologique