Florent Coste, La Fabrique, 2024.
La mémoire délavée
Nathacha Appanah, Mercure de France, 2023.
Les promesses littéraires du premier chapitre (les vols d’étourneaux) ne se confirment pas, à mon gout, au fil des pages. Je n’ai pas à réussi à entrer dans son monde de souvenirs : exposé trop platement ? les traits de construction (je dis comment j’écris, l’auteure écrasant alors quelque peu la narratrice) trop saillants ?
https://www.mercuredefrance.fr/web/index.php/la-memoire-delavee/9782715260269
Tout doit disparaitre – Lettres d’un monde qui s’efface
Annabelle Perrin, François de Monès, Seuil, 2023.
La disparition des croisières (Annabelle Perrin, François de Monès)
La disparition de la grève (Julien Brygo) : à propos d’un bâtiment démoli, symbole de l’autogestion des dockers de Dunkerque
La disparition des arbres à Lagos (Sophie Bouillon) : terrifiant portrait de la mégapole nigériane
La disparition du terrain de foot de Montcabrier (Emmanuel Riondé) : du fait du chantier de l’A69
La disparition des pépins (Iman Ahmed) : histoire de pastèques
La disparition de la honte (Laury Caplat) : le droit à l’avortement au-delà du juridique, dans sa réalité sociale et médicale
La disparition de la maladie du sommeil (Adrien Absolu) : des recherches scientifiques en terres coloniales
La disparition du cash (Anne-Dominique Correa) : dans de petites villes d’Angleterre privée de DAB (ATM)
La disparition d’un passeport (Mohamed Mbougar Sarr) : de longues heures dans la « zone d’attente pour personnes en instance » de l’aéroport de Mexico.
https://www.seuil.com/ouvrage/tout-doit-disparaitre-collectif/9782021525915
https://www.philomag.com/livres/tout-doit-disparaitre-lettres-dun-monde-qui-sefface
Manie épistolaire – Lettres choisies, 1930-1991
Émile Cioran, Gallimard, 2024.
Qqs aperçus de la vie quotidienne dans le milieu intellectuel parision de l’après-guerre. De là à mériter d’être publiées…
https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Manie-epistolaire
https://www.fabula.org/actualites/118873/cioran-manie-epistolaire-lettres-choisies-1930-1991.html
Où sont-ils maintenant – Anthologie personnelle
Le temps des laboureurs – Travail, ordre social et croissance en Europe (XIe-XIVe siècle)
Mathieu Arnoux, Albin Michel, 2012.
Il y aurait une histoire sociale à écrire du travail qui ne soit pas seulement production de « ressources » à partager entre classes dominantes, qui ne se réduise pas à son produit, et même au surproduit indispensable à la superstructure des civilisations ; qui ne réduisent pas les serfs, les esclaves, les artisans à des exploités, agents certes de la production, mais telles des machines (fantasme aristotélicien), c’est-à-dire sans paroles, sans autonomie, sans marge de manœuvre propre par leur travail (qui ne surgissent alors dans l’histoire que par la révolte).
Biais considérable des sources (scripturales, et alors exclusivement le fait des dominants, ou archéologiques, mais alors sans accès à la parole de ceux qui vivaient la).
Travers terrible de la conclusion du Manifeste : « les prolétaires n’ont que leurs chaines à perdre. » Mais comment peut-on travailler enchainés ? Idem pour l’Internationale : « nous ne sommes rien, soyons tout. » Seulement des slogans, certes, mais tout de même…
https://www.albin-michel.fr/le-temps-des-laboureurs-9782226209092
https://journals.openedition.org/crmh/pdf/13043
https://www.lemonde.fr/livres/article/2012/10/18/comment-le-paysan-devint-un-heros_1777069_3260.html
Qu’est-ce que la pensée ?
Pierre Steiner, Vrin, 2017.
Oser penser (dire ?) que la question est d’emblée tordue ? Qu’il faudrait peut-être se demander d’abord ce que signifie la copule « être » ? Elle embarque sur des tentatives de définition nécessairement hasardeuse, au mieux tautologique : je pense, donc je pense. Le philosophe fait son métier : il ajoute un opus à une collection au projet éditorial simple, discuter d’un concept qui serait susceptible de définition, vous avez 100 pages. Alors, il les remplit. Un jeu de langage en soi. Pourquoi, alors qu’il n’est clairement pas classique, caustique même à l’égard de la tradition, n’opte-t-il pas pour une forme plus iconoclaste ? Il tente quelques affirmations de la vie ordinaire, manifestant des usages du mot « penser » qui donnent à méditer, mais pour enchainer sur de longues considérations systématiques, discours d’initiés plutôt que de vulgarisation. De la difficulté à transmettre à celles et ceux qui n’en sont pas encore au fait.
Une curiosité : son inclination à aller chercher chez Wittgenstein certes quelques aphorismes, mais aussi des exemples concrets du langage d’utilisation du langage significatif de son approche (à commencer par le canard lapin de la couverture).
Faut-il insister avec cet auteur ? Ce type de lecture ? Je sais que ça existe, que je peux y revenir le cas échéant, si besoin, le jour.
S’applique-t-il à lui-même ce qu’il dit de la connaissance, du langage, de la « conception adverbiale » de sa propre pensée ? Se pose-t-il des questions didactiques d’accès à ce qu’il a à dire à celles et ceux qu’il souhaite convaincre, éduquer, débattre ?
https://www.vrin.fr/livre/9782711627035/quest-ce-que-la-pensee
La vie mode d’emploi
Georges Perec, 1978. Le Livre de Poche, 2010.
Imagination prodigieuse, certes, mais le mode narratif est constant : étourdissant pour moi.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_mode_d%27emploi
Voisins de passage – Une microhistoire des migrations
Corps de ferme
Agnès de Clairville, HarperCollins, 2024.
Sympathique, dans tous les sens du terme, mais dont il apparait tout de même assez vite que la vie de veau vache cochon, et même le chat, n’est pas palpitante…