Une question de taille

Olivier Rey, 2022. Stock, 2014. Éditions du Rocher – Litos, 2022.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Olivier_Rey_(philosophe)

https://www.philomag.com/articles/olivier-rey-puisque-je-parle-autant-la-droite-qua-la-gauche-me-catalogue-de-droite

Page 23. Dix milliards d’êtres humains sont nés au XXIe siècle, soit un humain sur dix en remontant à la préhistoire de l’espèce. Qu’est-ce que donnerait un parlement représentant les morts et les vivants ? Et que faire d’un profond sentiment d’anormalité de vivre une telle époque, d’être l’un de ces dix milliards ?

Son entrée par les questions de taille et d’échelle lui permet d’être limpide et aiguisé sur des enjeux majeurs : l’anormalité profonde de notre monde dans l’histoire du genre et même du vivant, son insoutenabilité, ses fausses promesses d’illusions.

Une limite : l’étonnement devant l’absence d’écoute ou de prise en considération des appels à la modération des philosophes, quand la recherche du développement maximum, la régulation par la confrontation à l’environnement plutôt que par un choix interne, me semble constitutif du vivant.

Page 34. De l’invasion d’objets, pratiques, indispensables, mais éphémères, jetables, de mauvaise qualité intrinsèque.

Page 37. « À l’époque de la production en série, on ne détruit jamais que des exemplaires au lieu des “choses mêmes”. » (Günter Anders)

Page 39. Le travail humain invisible dans un objet manufacturé ? Considérer, respecter, reconnaitre le travail, certes, indispensable dans le travail processus, mais qu’en fait-on pour le travail produit, l’objet fabriqué ?

Pris dans sa lecture caustique du monde, il me semble dévaloriser la résistance des sujets et des corps à l’artificialisation. Dans quelle mesure (question majeure) l’hôpital est-il aussi, tout de même, un lieu de soins, d’humanité ?

Page 41. La division du travail a-t-elle rabougri la subjectivité ? Expert de trois fois rien, au détriment d’une culture universelle de l’artisan ? Externalisation des savoirs techniques, au détriment de la sagesse intérieure ? « L’hypertrophie de la culture objective va de pair avec une atrophie de la culture personnelle. » (Günter Anders) est-ce qu’on se sent bête face à un smartphone ? Face à « l’intelligence artificielle » ?

Page 43. La fermeture des objets techniques (impossibles à réparer) nous restreint à leur utilisation.

Mais la question décisive n’est pas celle de l’impuissance du quidam devant une centrale nucléaire ou un data Center : c’est l’impuissance collective postindustrielle. On a inventé un usage patrimonial de la cathédrale. Que sera-t-il fait des usines chimiques ? Il prend au sérieux l’argument « retour à l’âge des cavernes » comme si le franchissement de seuils technique (emballement, rythme infernal) relevait d’un choix conscient, collectif ou de quelques acteurs.

Déplacements : lui comme Illitch ou Jean-Pierre Dupuy en reste à une logique de performance. La critique de la voiture comme inefficace eu égard à ses externalités négatives. Mais si ce n’est pas une question de performance, c’est un autre ressort qui a abouti à son hégémonie, et pas un choix rationnel. Reste donc à l’identifier, et en faire quelque chose.

Rechercher l’intégration, quand la division du travail pousse à la distinction ? Au contraire à des niveaux supérieurs de coordination, de coopérative ?

Page 54 : citations Jean-Jacques Rousseau.

Page 57. Le problème n’est pas tant le ravage de la nature que celui des sociétés humaines. Non pas lutter contre le réchauffement climatique (comme un excès, un faux frais d’un monde par ailleurs satisfaisant), mais pour une société heureuse, vertueuse, digne.

La division extrême du travail se paie aussi de la concentration du pouvoir de décision dans les mains de satrapes omnipotents, experts en tout.

Dépendance au réseau : les individus pris dans les mailles du collectif de la production matérielle (alimentation, déchets, eau, électricité, etc.)

Page 110 : « Plutôt que d’en tirer les conclusions qui s’imposent, nous préférons, par paresse d’esprit et par paresse tout court, détourner le regard. » Un peu moralisateur, non ?

Page 112. Déclinaison de Malthus en ingénierie sociale : « les problèmes sociaux ont la tendance malheureuse à croitre exponentiellement avec la taille de l’organisme qui les porte, tandis que la capacité des hommes à y faire face, si tant est qu’elle puisse augmenter, croît seulement linéairement. » Exemple de la délinquance : accroissement du sentiment d’irresponsabilité, et alors du besoin de contrôle policier (page 119). Idem pour la guerre, la pauvreté, le chômage (page 125)

Mais voilà : l’entrée par « la juste mesure » ne traite pas la question du développement ni de ce qui peut contenir l’expansion. Une fois à la juste mesure, fin de l’histoire ?

Page 148 : Copernic, fin des limites ?

Page 150 : harmonisation du système métrique, des notes en musique.

Page 154 : perte des sens (en particulier tactiles, olfactifs)

Page 160 : lecture vs mémoire. Verba volant scripta manent.

Page 167. L’ordre alphabétique et l’imprimerie comme « rapport désincarné à l’écrit ». Finira-t-on par revenir à une échelle naturelle ?

Chapitre 5. Les échelles naturelles

Un organisme grandit jusqu’à une taille et un poids adéquats, soutenables. Un être humain deux fois plus grand n’est pas deux fois plus fort (et même deux fois plus fragile). Un arbre finit toujours par s’arrêter de grandir (mais pas de croitre ?). Les lois physiques, à commencer par la gravité d’une part, le rapport surface/volume d’autre part implique des ajustements selon les échelles. Une fourmi peut transporter son poids, pas un éléphant. Par contre, elle se noie dans une goutte d’eau. Une variation de taille entraine une variation de forme. Il en est de même pour les collectifs humains : on ne peut pas espérer les mêmes dynamiques à trois, trois-cents ou trois-milliards. « La taille détermine le type d’organisation possible », du point de vue physiologique, mais aussi sociologique et politique.

Page 220. « De même que chaque forme vivante se développe à une certaine échelle et ne demeure viable qu’entre certaines bornes, la plupart des concepts se sont élaborés à l’intérieur d’un certain horizon quantitatif, explicite ou implicite, au-delà duquel ils perdent leur sens ou deviennent, tout en gardant leur nom, quelque chose de tout à fait différent. »

Page 221. cf. citation d’Aristote sur la taille d’une cité. Certes, mais dans les conditions techniques et matérielles de l’époque.

Page 239. Gombrowicz à la plage avec des scarabées.

Des effets de la taille d’une société sur sa dépersonnalisation : les bureaucrates gèrent des flux, des masses, des indicateurs et pas des hommes. Staline : un mort est une tragédie, cent-mille morts de la politique.

Page 250 : Illitch et l’Éthiopie.

Page 270 :. Malheureusement, ça capote parvenu aux perspectives. « Si équilibre il y a, il est moins à chercher dans une attitude idéale que dans le va-et-vient entre attitudes distinctes, voire opposées. » Pourquoi pas mieux ?

Page 275. « Il nous (?) faut reconnaitre que, au point où nous (?) en sommes, adopter la voie (?) de la décroissance n’est pas sans danger. » (Truisme, voire tautologie, le prédicat ne disant rien de plus que le sujet)

Page 278. Il vire même au recours au religieux, à la divinité comme instance imposant des limites, et au plaidoyer pour le christianisme (page 301). Le vrai, bien sûr, celui des origines, non pas celui qui a été dévoyé par les gnostiques ou les bureaucrates de la charité.

Page 303 : « Citoyens, le XIXe siècle est grand, mais le XXe sera heureux ! » (Victor Hugo)

Page 305. « Les hommes commencent à comprendre que non seulement le palais ne sera jamais terminé, mais qu’il s’écroule sur eux, et qu’au lieu de mener la vie de château, c’est dans ses ruines qu’il leur faudra apprendre à vivre. » (encore ce « nous », particulièrement malvenu pour soutenir que [phrase précédente] « depuis deux siècles, les hommes vivent dans un chantier permanent. » Mais qui sont les architectes, les promoteurs, les chefs de chantier et les manards ?)

Page 307. Vacuité de l’idée de solidarité internationale, de sentiment d’appartenance à une commune humanité ?

Page 312. Critique de l’injonction à être responsable pour la planète : « nous déplorons la destruction de la forêt tropicale que nous sommes incapables d’empêcher, et nous laissons défigurer notre environnement immédiat que nous pourrions défendre, nous laissons massacrer l’endroit où nous avons grandi. » (Sept occurrences de « nous »…)

Métamorphoses

Emanuele Coccia. Payot Rivages, 2020.

Qu’est-ce qui cloche ? Qu’est-ce qui fait que ce livre me tombe des mains, que mon regard glisse sur les lignes sans être arrêté par une marche un peu plus ferme, sans être retenu par une corde de rappel ?

Pas tout à fait dans les canaux de la production philosophique francophone : pas de références au fil du texte ; le regroupement bibliographique final présente les sources de façon commentée plutôt que par une liste d’ouvrages ; elles sont avant tout dans le champ de l’épistémologie des sciences du vivant plutôt que des philosophes classiques.

Le propos penche nettement plus du côté d’Héraclite que de Parménide : tout coule, tout se transforme, et donc, ça sonne quand même plus chic, tout se métamorphose. À rapprocher sans doute de François Jullien et de ses « transformations silencieuses ».

De la mauvaise philosophie à prétention poétique, ou bien de la mauvaise poésie à prétention philosophique ? L’auteur s’épanche facilement, dilue, étale son propos pour couvrir du papier. Il assume les truismes : soit on passe de l’un à l’autre, soit on s’arrête, quitte à perdre son temps. Par exemple la fin de l’introduction (drôle d’endroit d’ailleurs pour poser une définition du concept central de l’ouvrage) : « Nous appelons métamorphose cette double évidence (l’auteur nous annonce donc qu’il ne fait qu’annoncer des évidences, et doublement, et que si ce n’est pas évident, on passera son chemin) : tout vivant est en soi une pluralité de formes – simultanément présentes et successives (c’est vertigineux : simultanément successives… ça sonne intelligent, certes) –, mais chacune de ces formes (donc dénombrables ? Que l’on pourrait énumérer ?) n’existe de manière véritablement autonome (attention, véritablement), séparée (autonome égal séparé ?), car elle se définit (si elle le fait elle-même, c’est tranquille !) en continuité immédiate (il y aurait donc des continuités non immédiates ?) avec une infinité d’autres avant et après celle-ci (là, l’arithmétique écarquille les yeux). La métamorphose est à la fois (!) la force qui permet à tout vivant de s’étaler (je dirais même plus se vautrer) simultanément et successivement (encore !) sur plusieurs formes, et le souffle (un souffle qui n’est donc pas une force) qui permet aux formes de se relier (un souffle qui relie ?…) entre elles, de passer de l’une dans l’autre. »

J’ai essayé avec d’autres passages, et ça fonctionne à chaque fois. Soit on s’endort, soit rêvasse, soit on s’indigne, soit on finit par s’écœurer de tant de crème dégoulinante.​

https://www.payot-rivages.fr/rivages/livre/m%C3%A9tamorphoses-9782743647346

https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/05/29/metamorphoses-d-emanuele-coccia-la-chronique-philosophie-de-roger-pol-droit_6041128_3260.html

Le sauvage et le politique

Édouard Jourdain, PUF, 2023

Même assortie de précautions d’usage, la distinction raide entre « sociétés sans État » (immense paquet !) et sociétés étatiques (idem !) structure beaucoup trop le propos. Dans ces conditions, évidemment, il trouve ce qu’il a posé d’avance ; comme il faut bien faire quelque chose des continuités, territoriales ou temporelles, il écrit des propos comme « dans les sociétés qui voient poindre l’État, les prêtres vont avoir la fonction de doubler le roi. » Que de maladresses, pas seulement syntaxiques !

Je ne suis pas convaincu par les grandes généralités anthropologiques sur le sacré, la peine de mort, le sacrifice, le rituel, en circulant à toute berzingue du Moyen Âge européen aux civilisations précolombiennes, en passant par l’Antiquité, le tout soutenu par René Girard (cf. page 89)

Mal écrit, mal pensé : synthèse sur Engels (ô combien maladroite) page 199 et suivantes. Encore un compilateur bibliophage, faible en conceptualisation, et beaucoup moins fort en synthèse que d’autres (Mazurel). De la dissertation étudiante : page 167,170, etc.

Perspectives : page 329. Des collectifs humains et non humains sur les territoires (« des alliances »). Page 338 et suivantes : les pirates comme modèle. Page 356 et suivantes : de bonnes règles démocratiques (consensus, délibération, etc.)

Il y a de quoi s’appliquer à comprendre ce qui ne va pas, tout comme un musée de province permet de saisir ce qui va, ce qui est fort dont des œuvres majeures. À regarder à la hauteur de la phrase (le plus facile : construction maladroite, charabia, amphigouri), de la construction (au secours mes maitres ! Vite, des exemples, des citations pour soutenir les idées branlantes), du propos d’ensemble (plus dur, mais introduction et conclusion donne un bon aperçu de la vacuité du propos).

Peut-être que ce type de livre manifeste l’épuisement de cette approche de l’essai du penseur solitaire qui se noie dans l’océan des livres publiés et qui tente une compilation/synthèse hétéroclite, tambouille sans conscience, cohérence, nouveauté.

https://www.puf.com/content/Le_sauvage_et_le_politique

https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/05/09/le-sauvage-et-le-politique-d-edouard-jourdain-un-autre-regard-sur-la-civilisation_6172631_3232.html

https://lundi.am/Nouvelles-conjurations-sauvages

Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?

Jacques Ellul. La Table Ronde, 2018

Tout de même beaucoup plus théologique que sociologique ou historique… Et un ton très assertif, raide même, d’un homme plus en colère qu’en réflexion. Curieuse position d’énonciation. Peut-on avoir raison contre tous dans son monde ? À quoi bon alors le crier ? Suffit-il d’asséner sa lecture du problème et ses solutions (travailler deux heures par jour) pour rendre la lumière aux aveugles, dissiper les illusions ?

https://www.editionslatableronde.fr/pour-qui-pour-quoi-travaillons-nous/9782710386032

https://www.les-crises.fr/pour-qui-pour-quoi-travaillons-nous-jacques-ellul/

https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_2014_num_94_1_1816_t7_0101_0000_2

http://blog.ac-versailles.fr/oeildeminerve/index.php/post/19/07/2013/Jacques-Ellul%2C-Pour-qui%2C-pourquoi-travaillons-nous-Editions-de-La-Table-Ronde%2C-2013%2C-lu-par-Patricia-Doukhan

La Maison du bout du monde

Henry Beston, 1928 / 1956. Éditions Corti, 2022.

La nature (l’océan, les oiseaux, les dunes, les intempéries) comme personnage principal : et il s’en passe des choses, sur terre comme aux cieux.

https://www.jose-corti.fr/titres/maison-au%20bout-du-monde.html

https://lmda.net/2022-04-mat23249-la_maison_au_bout_du_monde?debut_articles=%4012168

Le livre est-il écologique ? Matières, artisans, fictions

Association pour l’écologie du livre. Wildproject, 2020

Intéressant par la variété des textes : analyse, prise de position, interview (façon récit de travail : comment choisir ses intitulés de rayonnage pour ranger les livres un peu hors catégories ?), récit fictionnel (des coopératives d’éditeurs et de lecteurs en 2030).

https://wildproject.org/livres/le-livre-est-il-ecologique

Une année à la campagne

Sue Hubbel, 1983.

Un très beau récit, par l’humilité, la capacité d’émerveillement et l’humour de son auteure. S’étonner, toujours, et rechercher alors les sources d’étonnement, dans le minuscule comme dans les grandes considérations.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_ann%C3%A9e_%C3%A0_la_campagne

https://www.lemonde.fr/archives/article/1988/11/04/les-emerveillements-de-la-dame-aux-abeilles_4115292_1819218.html

https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/e608063447e4f633f64491221bf55b8c.pdf

Défense de cracher ! – Pollution, environnement et santé à la Belle Époque

Pierre Darmon, Le Pommier, 2020

Panorama saisissant, effrayant même, de l’atmosphère parisienne (dans les grandes villes industrielles) au fil du développement industriel du XIXe siècle : bien avant la voiture, les poussières de charbon et les rejets en tout genre des industries chimiques empuantissent l’air ambiant, noircissent les façades et la végétation, et chacun d’expectorer et de cracher à tout-va les poussières qu’il respire. Dieu que ça pue. Plus on produit, plus on consomme, plus on rejette de déchets en tout genre, de tout volume.

De telles descriptions complètent les images qu’on peut avoir par la peinture ou le cinéma : il fait sentir l’air moite que le quidam respire, les effluves, les remugles, les odeurs, les poussières. Il aide à imaginer sensoriellement l’intérieur d’une église, d’un théâtre, d’un grand magasin avant l’ère de la toilette quotidienne, des lave-linges, des VMC, des aspirateurs.

Le livre prend les choses dans le bon ordre : c’est parce que cette explosion de la pollution constitue un terreau extraordinaire pour les bactéries et microbes en tout genre que la médecine et l’hygiénisme en générale prospèrent à leur tour. Par contre, il reste très factuel, et la thèse principale (ouf, la médecine fait des progrès) seulement implicite. Il y aurait de quoi interroger les évolutions de fond, et réfléchir à une médecine plus écologique, au-delà des traitements physiologiques.

https://www.editions-lepommier.fr/defense-de-cracher

Flux. Comment la pensée logistique gouverne le monde

Mathieu Quet, Zones, 2022.

Chercher la clé sous le réverbère ? Dans un monde bascule, à la fois pétri de certitude, immensément arrogant, il est sans doute compréhensible, tentant de réduire la complexité à une thématique qui serait matrice de tout le reste, d’entrer dans une explication du monde par un facteur décisif. Marx a lancé cette approche : l’histoire de l’humanité se ramène fondamentalement à la lutte des classes. Pour d’autres, ce sera la technique, le confort, le management, ou, ici, la logistique.

Comme souvent (le nucléaire, l’État, le management), les pratiques militaires (les deux guerres mondiales) sont des périodes décisives de mise en place et de généralisation de pratiques de contrôle du travail.

La conclusion décevante, en tout cas modeste : des actes plus ou moins souterrains de résistance aux flux, à la circulation niant l’espace. L’itinéraire plutôt que les déplacements, pour les humains comme pour les choses.

https://www.editionsladecouverte.fr/flux-9782355221774

https://journals.openedition.org/lectures/55475