Pièce rapportée

Hélène Lenoir. Les éditions de Minuit, 2011.

De l’importance des téléphones, et même des messageries électroniques dans les relations interpersonnelles contemporaines. On (les personnages de ce roman) se parle rarement en direct. On se laisse des messages. On parle dans le vide, et alors un peu à soi-même. L’intrication avec des passages au monologue intérieur fonctionne bien : on est toujours un peu seul dans sa tête, seul avec ses mots. Seul avec les idées qu’on se fait d’autrui.

On vit dans le très présent, au fil des informations en direct. On ne supporte pas l’attente, l’incertitude. On subit l’irruption de l’imprévu. Mais on vit aussi avec des fantômes du passé. Des non-dits dont on ne cesse de parler. Des questions ouvertes comme une plaie qui ne cicatrisent pas. Il y a un évènement, qui fait débuter le récit, mais pas de fin, pas de clôture.

https://www.lemonde.fr/livres/article/2011/09/08/helene-lenoir-a-huis-clos_1569251_3260.html

Je ne suis pas celle que je suis

Chahdortt Djavann – Flammarion, 2011

Les « séances » chez le psychanalyste fonctionnent bien, par leur itération, leur dynamique, leurs péripéties. Le face-à-face retient l’attention, par son déséquilibre : qui est le plus fort ? Qui bouscule l’autre ? Ce récit d’un transfert ne vaut-il pas un séminaire lacanien ? Qu’y aurait-il à ajouter ? Faire (vivre), et puis raconter pour élaborer.

Les scènes de vie en Iran (la bascule dans la dictature des mollahs, la vie quotidienne à l’épreuve de la police généralisée des mœurs) sont moins réussies, plus fades sur le plan littéraire. Pas facile d’être écrivaine, surtout quand il s’agit de sa propre vie.

Vers une société du care – Une politique de l’attention

Caroline IBOS, Aurélie DAMAMME, Pascale MOLINIER, Patricia PAPERMAN

Le Cavalier Bleu, 2022

http://www.lecavalierbleu.com/livre/vers-societe-care/

Photocopies

L’approche « idées reçues » est parfois un peu articificielle, incite à l’éparpillement du propos ou du moins à une vision kaléidoscope plutôt que panoramique. Mais ça fonctionne plutôt bien, en particulier parce que c’est bien écrit, attentif aux lecteurs.

Deux interrogations :

  • Les débats intellectuels relèvent-ils des « idées reçues » ? Avec une étiquette pareille, le risque est de dévaloriser d’emblée le point de vue de l’autre, ce qui n’est pas très « care »… « Je vous arrête, vous avez mal compris ! »
  • Pourquoi ne pas désigner clairement les personnes avec lesquelles on polémique ? Là, on en demande trop au lecteur.

Sur le fond : comment en faire un levier pour éroder le pouvoir des États, des administrations en tout genre ?

Le Monde magique

Ernesto de Martino, 1948. Institut d’édition Sanofi-Synthélabo, 1999.

Rapidement feuilleté… Trop érudit ! Trop référencé à un univers intellectuel qui ne m’est pas familier, avec donc un cout d’entrée excessif.

https://www.editions-bartillat.fr/fiche-livre.php?Clef=542

https://www.lemonde.fr/livres/article/2022/03/06/le-monde-magique-d-ernesto-de-martino-des-pouvoirs-magiques-bien-reels_6116351_3260.html

https://journals.openedition.org/assr/68433

https://www.persee.fr/doc/gradh_0764-8928_1991_num_10_1_1393

D’ici et d’ailleurs – Histoires globales de la France contemporaine

Sous la direction de Quentin Deluermoz. La Découverte, 2021.

https://www.editionsladecouverte.fr/d_ici_et_d_ailleurs-9782348060106

https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/11/18/d-ici-et-d-ailleurs-dirige-par-quentin-deluermoz-la-france-a-l-age-des-interconnexions_6102514_3260.html

https://journals.openedition.org/rhc/1165